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A domicile

Publié le par Bullomaniak

Challenge national #1 - élites hommes

Mourey depuis des années sur-domine le cyclo-cross français. Sur le challenge national un unique coureur a pu le prendre en défaut. Steve Chainel a depuis renoncé à poursuivre dans cette voie, dégoûté peut-être de l'impossibilité d'accéder jamais au titre de champion de France. En 2013 il annonça ne pas vouloir consacrer son temps au cyclo-cross. Le destin en voulut autrement. A Saint-Etienne-les-Remiremont a lieu chaque année son cyclo-cross personnel, celui qu'il a tracé, celui qui constitue son lieu d'entraînement privilégié, celui qu'il s'efforce de développer et de faire accéder à un niveau toujours plus grand.

Et en 2013 enfin sa course constitua la première manche du challenge national. Dès lors plus question de se défiler. La grande fête ne pouvait se faire sans sa présence ; aussi autant aller jusqu'au bout et tenter une dernière fois de faire vaciller l'inamovible Francis Mourey. On traça le parcours en conséquence, à l'exact opposé des envies du champion de France, pour favoriser surtout les qualités du champion local. On transféra les planches en haut du circuit pour qu'à chaque tour Chainel grâce à sa capacité à les sauter sans descendre de vélo gagne quelques secondes. Le moindre détail fut pesé. On arriva au 13 octobre et enfin la bataille put s'engager.

Chez les dames l'affront de la défaite avait déjà fait son oeuvre. Lucie Chainel n'avait pu venir à bout d'une Ferrier-Bruneau en grande condition à quelques semaines de sa retraite annoncée. Seul le mari pouvait encore éviter l'ultime affront. Dès le départ comme à l'habitude Chainel s'engagea sur le circuit comme un fou, semblant oublier la longue durée de la course, pensant seulement à distancer le plus vite possible Mourey, à l'obliger à des efforts inutiles, l'obliger à se plier à sa loi, à celle qu'il avait créé sur son propre terrain. Les relances étaient incessantes et les lignes droites trop courtes pour que Mourey puisse par son physique revenir en tête, dépasser l'impatient freluquet et d'un regard lui dire : mais que pense-tu faire ?

Mourey pourtant recolla. Maîtrisant au mieux ce terrain hostile il prit même un malin plaisir à repasser devant Chaînel et imposer son propre rythme, plus fluide, plus calme, à l'égard de leurs styles respectifs où l'anarchisme des épaules de Chainel, son allure dégingandée, contrastait avec l'absolu calme émanant du corps du champion de France. Le duel s'annonçait absolu ; le parcours compensait la différence évidente qui existe entre les deux coureurs. Aucun ne parvenait à prendre l'ascendant. Mourey bloqué par la sinuosité du tracé ne parvint jamais à accélérer franchement, devant se contenter d'évoluer selon ses moyens, tandis que Chainel malgré ses attaques violentes et répétées voyait sans cesse revenir posément le maillot bleu-blanc-rouge.

Soudain le tournant de la course : Chainel à quelques encablures du poste de dépanage baissa la tête et constatant une crevaison assassine cria son infortune. Vingt secondes de perdues. Mourey désormais évoluait seul en tête ; le résultat devenait évident. Chainel tenta bien pendant les trois tours qui restaient de recoller, de boucher les quelques hectomètres qui le ramènerait dans la course à la victoire mais jamais il ne put boucher une seule seconde sur un Francis Mourey faisant jeu égal avec le Vosgien qui, à domicile, ne put que constater la maîtrise égale que le nouveau venu avait réussit à s'approprier. Les capacités de punch de Steve Chainel perdirent leur sens. Il ne put que rester seul, second encore derrière sa barrière indestructible qui l’empêcha toujours de s'affirmer au plus haut niveau français.

A domicile

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