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impression de bitume

Publié le par Bullomaniak

Koppenbergcross 2013 - élites hommes - trophée Bpost-bank #2

Le cyclo cross et la route sont deux disciplines totalement à part. Un routier, aussi puissant qu'il soit, sera systématiquement perdu au milieu de ce monde improbable où au mépris de la raison des hommes juchés sur des machines peu disposées à cet usage traversent des mares de boue, s'extraient de portions sableuses, escaladent d'abrupts talus - à pied s'il le faut - sautent des planches, grimpent des escaliers, et tout cela dans un ordre incohérent qui laisse pantois le néophyte.

Mais dimanche, sans que le spectateur puisse s'y attendre, il fut confronté au retour impromptu des codes récurrents des épreuves sur route. Côté parcours on eut droit aux pavés, aux ascensions répétés, au prix du meilleur grimpeur, au public vrombissant au sein de la difficulté principale du circuit et même à la descente en lacets. Côté course on eut l'échappée matinale, les équipiers à l'avant du peloton, les attaques successives d'équipiers anticipant leur leader, l'écrémage par l'arrière, l'attaque reprise sur le fil avant d'en finir sur un sprint. Ce fut comme si la combinaison des meilleurs éléments des deux disciplines avaient fait corps pour nous procurer le plus parfait des spectacles.

Ian Field s'échappa dès le départ. Bientôt rejoint par deux coureurs de la Telenet-Fidea désirant éviter à Tom Meeusen tout travail et constituer pour lui un relais potentiel en fin d'épreuve, ils formèrent un sympathique trio d'éclaireurs sur cet ardu circuit du Koppenbergcross. Derrière, un peloton groupé avançait calmement sans qu'aucune panique n'atteigne l'esprit des leaders. Les fuyards on les reverrait bien assez vite. Pour l'instant l'essentiel était de se placer et de s'économiser au maximum.

Deux tours passèrent sans le moindre affolement. Enfin, le rythme se mit à accélérer. Les position se faisaient plus chères. Le droit à la pôle position au moment d'aborder la descente était de plus en plus restreint, accaparé par la puissance toute entière de Klaas Vantornout. Le peloton s'étirait, perdait des unités par l'arrière, mincissait au fil des ascensions. Niels Albert provoqua alors le début des hostilités. Walsleben se vit ordonner l'offensive. Une première grosse sélection pu s'opérer. Les cadors se dégagèrent de la masse. Rejoignant les deux Telenet précédemment échappés, ce fut une dizaine d'unité qui demeura à la lutte pour la victoire.

Au fil des tours le dénivelé du circuit fit son office. Les pavés brutalisaient les corps et repoussaient les vélos dans la gouttière. Les différentes ascensions du parcours faisaient grimacer toujours un peu plus les corps tandis que le prix du grimpeur malgré les encouragements féroces de la foule devenait à chaque tour plus heurté. La descente elle-même excluait le repos, tout occupés qu'étaient les coureurs à se concentrer sur les trajectoires qu'exigeaient la précision de ses courbes. A ce jeu-là ce fut Vantornout qui s'en sortait le mieux, poussant parfois le mince avantage pris dans la côte, surtout en profitant pour recoller à la moindre tentative d'attaque.

impression de bitume

Les leaders attaquèrent tour à tour. Niels Albert succéda à son coéquipier sans plus de réussite. Sven Nys ne trouva jamais l'ouverture. Pauwels fut assez terne dans ses attaques, préférant admirer l'ardeur que dégageait à son habitude Klaas Vantornout qui pourtant lui aussi échouait à s'extraire du groupe. Seul Meeusen restait stoïque dans les roues, se contentant parfois de faire rouler ses deux équipiers en sursis. Les tours s'enchaînaient, somptueux, dans la pure démonstration de la volonté et de la technique de ces athlètes irréprochables dans leur ambition mais qui ne parvenaient jamais à dominer suffisamment le terrain, pas assez explosifs dans les côtes, pas assez puissants sur le plat ou pas assez fluides dans la descente.

Le temps fit pourtant son effet. Les deux équipiers de la Telenet disparurent au détour d'un virage. Niels Albert décidément décevant ne put tenir son statut et renonça à la lutte. Nys ne s'afficha pas à la mesure de sa légende. Seuls restaient Pauwels et Vantornout, équipiers soudés, et le surprenant Tom Meeusen qu'aucune accélération ne semblait atteindre. Et même, Tom Meeusen sans crier gare démarra à une vitesse surpuissante, laissant pantois toute l'opposition, à l'excepté de Klaas Vantornout. Mieux, Vantornout profita de la descente pour repartir. Seul à l'avant, dans le dernier tour, la victoire semblait proche. Mais derrière, alors que Sven Nys avait cru un temps rentrer dans la descente, c'est Tom Meeusen qui encore réagit, tournant follement les jambes à la poursuite de l'homme de tête. Pauwels demeuré dans sa roue tenta de couvrir son équipier. Mais Meeusen refusa la défaite. Il accéléra encore. Dernier virage. Vantornout est repris. Le sprint final s'annonce. Pauwels est en position excellente, calé dans la roue de Meeusen qui depuis un moment se crève à la tâche. Mais aujourd'hui il n'y avait rien à faire. Meeusen redémarre encore et lève les bras bien haut vers le ciel.

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