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élégance

Publié le par Bullomaniak

Coupe du monde #3 - Coxyde

Coxyde représente l'absolu du sable dans le monde du cyclo cross ; un Graal démontrant votre maîtrise de cet élément. Les deux premières manches pouvaient sourire aux coureurs de second rang sans qu'on s'en offusque. Coxyde à coup sûr, un mois avant sa jumelle de boue, remettrait à leur place les vrais champions, ceux dont l'élégante technique dissimule une puissance démesurée.

Mais la grâce du corps ne fut récompensé qu'une fois. Certes Niels Albert humilia ses adversaires de la pureté de son style, mais Sanne Cant dût s'incliner devant la force brute. Ces deux-là furent immense dans leur approche du sable, paraissant insensibles au tumultes anarchiques de cet inconsistant revêtement, toujours perchés haut sur leurs machines et le visage rayonnant d'assurance. Pourtant seul l'homme triompha. La femme disposait sans trop de mal de ses maladroites poursuivantes, mais butta devant la puissance de son aînée Katherine Compton. Dès lors sa performance devenait démonstration, une démonstration vaine de sa capacité à survoler les dunes, mais si belle de technicité qu'il aurait été criminel de ne pas en jouir pleinement. Là où toutes les autres posaient à terre - parfois tentant d'entrer dans la difficulté mais après une chute y renonçant bien vite - Sanne Cant demeurait fixée sur sa machine et y creusait insensiblement l'écart. Le problème étant que le circuit ne comportait pas que du sable ; chaque portion de terre profitait à l'Américaine. La forme étincelante de Compton fit le reste.

Niels Albert outré de la défaite de sa compatriote remit les choses au point. Il ne domina pas simplement ses adversaires ; il les humilia, démontrant à chaque passage sa facilité, creusant un écart si grand que personne ne put envisager seulement de le combler. Cette fois le bourrin fut perdant. Francis Mourey eut beau être d'une puissance monstrueuse, ses innombrables erreurs sur le sable entérinèrent sa défaite. A chaque portion technique le Français reculait, perdait une place ou deux, puis sur un terrain plus table redépassait aisément ses compagnons de route pour se replacer en tête en vue du prochain passage technique. Sa force lui assura la seconde place à la suite d'un sprint interminable.

Il fut pourtant très loin de l'intouchable Niels Albert. Celui-ci est coutumier du fait : si la forme est là, Coxyde est le théâtre de son absolu domination. On n'envisage pas alors une petite victoire à le Sven Nys, avec une simple accélération dans le final ; la méthode est trop dangereuse et pas assez plaisante. On s'isolera donc dès le début de course en profitant de sa supériorité technique. Seul, on ne continuera que pour le plaisir du peuple, pour lui faire comprendre le sens véritable du mot "grâce". Les poursuivants seront écrasés devant une telle maîtrise du tumulte des dunes. La retransmission télévisée capte sans comprendre cette élégance qui demeure la vraie force des champions, celle de Marianne Vos, de David Moncoutié, de Julie Bresset, de Fabien Cancellara et consorts.

élégance

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