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Réplique

Publié le par Bullomaniak

Cyclo cross Gieten - superprestige #5 - élites hommes

Non, Nys, tu n'es pas dieu parmi les hommes. Cesse de te croire au-dessus de cette masse que tu méprise ; tu es de la même nature que tes pauvres victimes. Cesse de croire que tu es seul capable de dominer de la masse. Lars Boom et Stybar en leur temps t'ont largement prouvé l'inverse. Cesse de croire ton trône intouchable et la foule acquise à ta seule gloire. Le recours systématique à ton finish n'est que la preuve éclatante de ta faiblesse, la nécessité de préserver ses forces au maximum, l'incapacité de s'envoler seul à l'avant.

Je n'ai pas ta régularité. Sans cela ton règne serait mort depuis longtemps. Mais j'ai la suprématie que tu n'aura jamais : la capacité à humilier par le gouffre infranchissable. Quand je gagne, c'est avec facilité, avec une envolée dès les premiers tours, et infligeant au second de la course un écart irrémédiable. Coxyde est l'expression parfaite de ton humanité : quand je survolait les dunes avec grâce, tu t'embourbait lourdement au milieu des autres coureurs. Tu est incapable de dompter le sable comme je sais le faire. Il te faut à chaque fois profiter de ta puissance pour cacher tes lacunes. Coxyde n'est pas pour toi comme pour moi la place de la démonstration la plus éclatante de ma maîtrise.

Tu te vante de pouvoir à tout instant remonter le peloton en trombe, n'avoir aucun besoin de partir vite, indifférent aux agitations des plus rapides. Soit. Pour te montrer encore plus ta faute, j'exploiterait ta théorie au maximum. Ainsi sera prouvée ma supériorité sur ta vieillissante personne. Si tu es si fier de cette capacité à remonter, pourquoi ne part-tu pas en dernière ligne ? Mais ton esprit a peur de telles entreprises. Pas le mien. Une petite simulation d'un problème mécanique et me voilà en dernière position, prêt à remonter et à surpasser ta technique.

Preuve absolue de ton appartenance aux insectes : comme le reste du monde tu es sensible aux problèmes mécaniques. Tout dans ton style démontre la crainte de dévoiler tes faiblesses. Mais il en est une à laquelle tu ne peut échapper : le coup du destin. Te voilà désormais à courir, vélo sur l'épaule, comme n'importe quel autre minable coursier de seconde zone. Les meilleurs restent hommes et dans les instants de difficulté agissent comme les moins glorieux. A la vue de ta débâcle un rire intérieur m'envahit délicieusement. Quelques obstacles demeurent encore devant moi, dernières entraves à ta complète humiliation.

Il me suffit d'accélérer encore, emporté par le plaisir divin de ta silhouette résignée, jusqu'à me retrouver derrière l'impatient Van der Haar. Un petit coup de sable et me voilà devant. La tâche n'est pas aisée. Il me faut encore me dépêtrer de cet accrocheur petit hollandais. Une autre butte de sable devrait suffire. Voilà. La ligne s'annonce et ma démonstration est achevée. Tu n'es qu'un coureur parmi d'autres, Nys. Ainsi le rappelle à tous la voix du speaker acclamant l'exploit de Niels Albert.

Réplique

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