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Cul de sac

Publié le par Bullomaniak

Tour des Flandres 2014

Le nouveau tracé du Tour des Flandres est raté. Certes moins que l'atrocité des deux dernières années. Au moins sommes nous sortis de l'aberrante idée d'une circuit final. Difficile d'avoir idée plus conne pour condamner un monument à la médiocrité. Il suffit pourtant de regarder les championnats du monde ou les courses québécoises pour constater l'évident problème de ce genre de parcours : l'attentisme.

Sur un circuit se dévoiler trop tôt c'est se condamner. Se dévoiler trop tard c'est aussi aller droit vers la défaite, et là demeure l'intérêt de ces circuits, leur suspens et l'incertitude du nom du vainqueur qui ne se dégage pas nécessairement à la pédale. Reste que la course ne se décante que tardivement. Pour le grand prix de Plouay ou le grand prix de Montréal, bien qu'on espère toujours une course qui embraye de loin, ce n'est pas grave de devoir patienter un peu. Pour un monument avoir des favoris qui attendent le dernier moment c'est un échec. Pendant deux ans le circuit tracé autour du Paterberg et du vieux Quaremont poussa les leaders à patienter jusqu'à l'ultime ascension du Quaremont.

Cette année trop bien conscients du raté les organisateurs réagencèrent les difficultés, et même plutôt bien, faisant enchaîner très rapidement les monts difficiles et en particulier plaçant le Koppenberg à un endroit plus que stratégique dans les cinquante derniers kilomètres. Quand on groupe d'une dizaine seulement se dégage aussi loin de l'arrivée, c'est signe d'un parcours bien pensé. Seulement, problème, que se passa-t-il alors? Les favoris s'observèrent. Seul Van Avermaet attaqua mais se retrouva isolé devant alors qu'à l'arrière on patientait tranquillement attendant... le vieux Quaremont. Encore.

L'enchaînement Quaremont - Paterberg a d’indéniables qualités. Pour le Grand Prix E3. Au Tour des Flandres on serait en droit d'espérer plus d'incertitude dans les attaques, dans les tactiques, dans les choix de course, être surpris par un mont secondaire voire même par un faux-plat qui de manière totalement inattendu se révélerait être l'endroit où le vainqueur aurait construit sa victoire. L'ancien parcours (mur de Grammont ou pas) recelait en lui cette incertitude qui faisait de chaque kilomètre un danger. Maintenant une fois passé le Paterberg pendant quinze kilomètre on est sûr qu'il ne se passera rien. Avant le Quaremont, pourquoi attaquer puisqu'un favori reviendra systématiquement de l'arrière ? Le Tour des Flandres se stéréotype. La popularité de la course lui assure son avenir mais la légende va très grandement souffrir de ces choix. Plus aucune chance de voir une défaillance semblable à celle de Cancellara dans le mur de Grammont en 2011. Peu de chances de voir les principaux favoris se livrer désormais plus loin que la dernière ascension du vieux Quaremont.

C'est dommage car malgré tout on sent un potentiel sur l'enchaînement trouvé cette année : Oude Kwaremont - Paterberg - Koppenberg - Steenbeekdries - Taaienberg - Kruisberg. On a vu les dégâts qu'il provoque. On a vu aussi que les derniers monts sont trop courts pour créer des écarts irrémédiables, d'où le retour du second groupe au pied du Quaremont. On peut noter aussi l'intérêt du Kruisberg : long mais non pavé tout du long comme le Quaremont et pas assez difficile pour générer une trop grande attente des favoris envers ce passage. En fait, plus clairement, éjectons le duo infernal de l'attentisme et propulsons cet enchaînement comme celui de fin d'épreuve, avec sans doute une rallonge avant de plonger sur Ronse, pourquoi pas une assez grande allant jusqu'au Kanarieberg, qui aurait sûrement bien plus d'intérêt que le tracé actuel. Une priorité surtout : supprimer l'arrivée lamentable à Oudenaarde.

Cul de sac

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