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Féminisme

Publié le par Bullomaniak

Flèche wallonne féminine 2014

Pauline Ferrand Prévot a gagné la Flèche wallonne. Attendez, je la refait : Pauline Ferrand Prévot a gagné la Flèche wallonne, quatrième manche de la coupe du monde, devant Armitstead, Longo-Borghini, Stevens, Moolman Pasio, Vos et Pooley. Non ? Toujours pas ? Je recommence : Pauline Ferrand Prévot a gagné la plus belle classique du calendrier féminin, la plus renommée, celle au palmarès le plus éloquent où se côtoient Vos, Cooke, Luperini et Kupfernagel.

Ce n'est pas que ça semblait impossible. Pauline Ferrand Prévot sortait d'un bon début de saison (5ème au trefeo Alfredo Binda, 11ème au Tour des Flandres) mais de là à s'imposer sur LA course du calendrier, celle qui impose le nom du vainqueur au panthéon du cyclisme féminin, il demeurait un gouffre. Pour faire une comparaison démagogique avec leurs homologues masculins, c'est comme si Romain Bardet remportait dimanche Liège-Bastogne-Liège. Et encore. Perchée sur les épaules de Marianne Vos, Ferrand Prévot est devenue immense.

Et quelles furent les réactions ? Rien. Du moins peu. Soit le mépris du cyclisme féminin a entravé trop fortement les réactions, soit les gens dans leur ignorance ne se rendent pas compte de l'exploit. La Flèche wallonne ! Mille fois plus belle que son pendant masculin ! Dès les premières ascensions ça attaque, à gauche, à droite, ça écrème et en haut du premier passage du mur de Huy on en est déjà à constater béatement les dégâts, 20 coureuses dans le "peloton", et des leaders qui se sont déjà à peu près toutes dévoilées. Pas de diffusion TV surtout, ne pas risquer de montrer cette somptuosité au public qui pourrait réclamer - grand Dieu ! - la diffusion privilégiée de cette épreuve et la mise en retrait de la classique masculine.

Une simple course de côte, anticipée, attendue demeure préférable. Montrer autre chose que les dix derniers kilomètres ne sert à rien. On le sait. Tout le monde le reconnait, et implicitement ne râle pas trop sur cet état de fait, heureux quand même du spectacle proposé dans le dernier kilomètre. Valverde a gagné. Et puis ? On ressent quand même une profonde indifférence face au vrai résultat important, celui qui peut déterminer toute une carrière, ouvrir des perspectives nouvelles : Pauline Ferrand Prévot a gagné la Flèche wallonne.

Mon âme de fan absolu de Marianne Vos n'est pas non plus profondément ravie. Mon chauvinisme est heureux, certes, mais davantage de la possibilité de relancer le cyclisme français au plus haut niveau. Voir Marianne Vos lâchée, équipière, reste douloureux. Pourtant reste, assez incroyable, cette impression d'emprise sur les événements. Marianne Vos n'avait pas la condition pour l'emporter. Soit. Elle choisirait de son intérimaire. Mine de rien Vos en impose, joue avec l'adversité, et a propulsé Pauline Ferrand Prévot au firmament du cyclisme. Même dans la défaite la néerlandaise l'emporte encore.

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