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Encore !

Publié le par Bullomaniak

Critérium du Dauphiné 2014 - étape 5

Oui ! Oui, oui et oui ! En voilà une belle étape ! Et ça tient à deux choses : le parcours et Alberto Contador. Il est évident que la présence de Contador donne systématiquement à la course une plus-value. Il y a la possibilité d'attaquer, de surprendre Christopher Froome sur un terrain où celui-ci est moins à l'aise ? Paf ! Vas-y que je te fasse la descente, vas-y que j'essaie de créer un groupe pour rejoindre l'arrivée... Contador retrouvant ses jambes c'est un panache en puissance, d'autant plus beau que celui-ci n'est pas gratuit ou insensé comme on le voit parfois chez Vincenzo Nibali. Non. La chose est réfléchie, intelligente, pertinente, réellement dangereuse pour ses adversaires, donnant de l'éclat à la course par l'incertitude du résultat.

C'était simple. Soit Froome revenait assez vite, c'est-à-dire en se délestant du maximum de ses coéquipiers et s'exposant donc à des contres sur le replat, soit celui-ci cherchait à préserver le maximum de monde autour de lui en espérant que les vingt derniers kilomètres mais risquait de ne justement pas revenir sur le fougueux espagnol. Froome fit monter la côte de Laffrey à bloc. Contador fut repris. Donc des contres. La fin d'étape était promise à être magnifique. Les prétendants au top 10 se relayaient dans les offensives et même Froome dans le final dût se positionner à l'avant du peloton pour endiguer les fuites. Par la simple comparaison avec cette étape le raté absolu du Giro 2014 est flagrant. Pas d'arrivée au sommet, pas de pourcentages monstrueux, ou alors loin de l'arrivée et pas longtemps, et même vingts kilomètres de "plat" après le dernier col. C'est là qu'est la réussite d'un parcours bien tracé : les bosses du circuit final était raides, courtes, nerveuses, les descentes techniques et le replat suffisamment vallonné pour continuer à user les organismes.

Le profil pouvait faire craindre l'inefficacité des attaques. Prenons maintenant la chose à l'envers : le profil induisait la possibilité d'attaquer mais sans craindre un retour de bâton dans une ultime difficulté. Après tout, pourquoi ne pas attaquer puisqu'à la suite du dernier col plus aucun risque de perdre du temps ? L'important dans ce genre d'étape n'est pas d'assurer à tout prix une lutte entre les leaders au général, quitte à ce que celle-ci ne se fasse que dans les derniers mètres, mais de laisser entrevoir aux coureurs les possibilités offertes par un tel tracé. En regardant le profil dans la tête de tout coureur se dessine l'idée de l'offensive. Suit la balance entre le pour et le contre, les risques et les avantages, et puisque les risques sont minimes, après tout pourquoi pas ? C'est grâce à une telle logique que le col de Manse est devenu un incontournable. La réussite n'est pas assurée. Si personne n'attaque, tant pis. Ce ne sont pas les étapes reines et après une petite déception (ou grosse dans mon cas), on aura vite oublié cette journée, là où les montées bâclées des grands cols restent longtemps à l'esprit. Par contre, si quelqu'un attaque, la légende n'est jamais très loin.

Encore !

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