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Evidence

Publié le par Bullomaniak

Critérium du Dauphiné 2014 - étape 8

Il faudra voir les futures courses, guetter les actions collectives et les offensives précoces, mais il se pourrait - enfin - que les coureurs du peloton professionnel ait compris l'intérêt de l'audace. L'audace est trop souvent reliée à l'inconscience ; mais l'audace n'est que le ressort de l'ambition. Dans la compétition seule compte la victoire. Le coureur cycliste ne doit pas se contenter de sympathiques accessits mais viser toujours plus haut pour un jour accéder à quelque chose de vraiment grand.

Après tout quel est le risque ? Dans l'offensive lancée sur cette dernière étape du Dauphiné, aucun coureur n'a subi un retour de bâton, et les lâchés ont pu s'accrocher au groupe de Christopher Froome, celui-là même où ils auraient été dans une attitude passive. C'était le dernier jour. Se crever à la tâche sans avoir à penser au lendemain aide beaucoup dans la débauche d'énergie. Encore faut-il avoir le terrain propice à de telles idées. Les organisateurs du Dauphiné l'offrirent volontiers au peloton. L'enchaînement des deux premières difficultés était parfait pour permettre l'attaque des leaders. Il y avait bien cette atrocement longue vallée mais Froome comme Contador avaient montré leurs faiblesses : l'un souffrait de sa chute quand l'autre s'isolait bien trop vite en altitude. On piégerait donc le second avec l'aval du premier : les deux se retrouveraient à l'arrière mais ne pourraient rentrer sur un groupe déterminé à leur perte. On fut surpris de la résistance de Contador qui lancé dans une furieuse poursuite parvint presque à conserver sa maigre avance au général. Le final en fut d'autant plus fort et passionnant à suivre.

L'audace est toujours à la base des plus beaux moments de cyclisme. Plus que les coureurs qui forts d'exemples passés auront toujours à un moment une maligne étincelle, c'est aux organisateurs de prendre conscience que la grande force du cyclisme est cette inventivité tactique qui n'existe dans nul autre sport. Les courses de côtes ne sont pas à bannir. Mais combien serait-il plus efficace de multiplier les départs au pied d'un col que d'enchaîner sans aucune logique les arrivées au sommet. Le tracé d'une course doit découler d'une réflexion et non d'une promotion marketing. Le Stelvio en dernière journée d'un grand tour est voué à l'échec tout comme le Ventoux sur le Tour 2009 a été un intolérable raté. Messieurs les organisateurs, prenez appui sur des routes inconnues, sur des petits cols, tentez, essayez, et si vous connaissez l'échec, pensez à toutes ces réussites qui n'ont pu venir que de l'innovation.

Evidence

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