Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Frustrantes capitales

Publié le par Bullomaniak

London Ride Classic 2014

Dimanche après-midi - moment d'ennui et de flemmardise - je m'étais confortablement installé dans mon canapé pour somnoler devant la London Ride Classic. A l'avance je prévoyait une course sans intérêt aucun si ce n'est, toujours, l'intensité d'un sprint massif. Il m'apparaissait plus qu'inutile d'assister à ces fastidieux cent derniers kilomètres à travers la campagne anglaise. C'est donc presque vexé que je me rendis compte de mon erreur : non seulement le parcours n'était pas favorable à un peloton, mais même recelait un vrai potentiel de grande course. La route serpentait inlassablement dans d'étroits et tortueux chemins qui en prime par un enchaînement incessant de montées et de descentes devenait incroyablement favorable à l'explosion d'un peloton en vol.

Plus encore, et en dépit de mes ridicules préjugés français sur la laideur de la campagne londonienne, j'avais envie à mon tour de partir arpenter ces routes si tranquilles. J'avais envie d'y forcer, d'y attaquer, d'y passer en compétition pour tenter à l'aide des nombreux virages de créer des cassures dans l'interminable file de coureurs que j'eût créée par une accélération dans l'une des nombreuses petites ascensions. De toute évidence un tel terrain se prêtait à mettre en difficulté les sprinteurs, à condition toutefois qu'une équipe ose imposer un autre rythme que la tranquille quiétude d'un peloton revenant en douceur sur les échappés. La Sky, qui n'est pas que l'atroce et écœurant train vu sur le Tour 2012, se prit au jeu et décida d'animer la course. Résultat : un peloton dispersé et un groupe de cinq coureurs seulement se jouant la victoire.

On n'oserait dire que tout fut parfait : suite à l'accélération de la Sky, une fois le groupe victorieux sorti, on eût bien un vague suspens quand à un retour possible des restes du peloton, mais une fois sorti de la superbe zone des vallons au Sud de Londres, la remontée vers la Tamise fut longue et frustrante. Une fois la course lancée on voudrait un emballement continu, la fin des temps morts et des attaques sans relâche. Or, à part quelques faux-plats ici et là, nous n'eurent plus grand chose à se mettre sous la dent. Les paysages intéressants avaient disparus et quand enfin, rentrés dans Londres, les monuments eussent pu nous occuper, le final était lancé et les vues d'hélicoptère donc devenus inutiles.

Il y a cette frustration de la transition entre les difficultés de la course et l'arrivée. Le final au cœur de la capitale est superbe et met superbement en valeur l'effort des coureurs, mais la course perd à s'éloigner de ses atouts sportifs. Cela semble être le sort de toutes les capitales européennes, condamnées à ne pouvoir associer le prestige de la cité avec un parcours à la hauteur. L'arrivée de la Roma Maxima devant le Colisée est grandiose mais les cols sont trop loin pour que cette épreuve puisse se développer vers le haut niveau sans risquer le total affadissement. Bruxelles est loin de pouvoir se mettre à niveau des autres classiques belges. Si Paris ou Madrid mettaient en place leur classique, même constat. Les capitales sont des villes de la plaine et de l'accessibilité, et cela va à l'encontre de l'intérêt des courses cyclistes qui réclament des terrains ardus et/ou mal aménagés. Les villes plus secondaires se prêtent davantage à l'événement cycliste : Liège en Belgique, Lille en France (Roubaix), Turin en Italie... ou d'autres encore qui peuvent grâce à leur environnement créer les courses auxquelles rêvent les capitales.

Frustrantes capitales

Commenter cet article