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La reine des dunes

Publié le par Bullomaniak

Cyclo cross Coxyde - coupe du monde #2

Au début du mois Red Bull s'attaquait au cyclo cross dans ce domaine qu'il maîtrise si bien : l'événementiel sportif. L'idée est toujours la même. Donner un coup de fouet à une discipline sportive, la transformer, la rendre spectaculaire et oser ce que les canons interdisent. Au final, à quoi eut-on droit ? Un passage dans un château, des pavés, des virages artificiels relevés et, seule chose réellement innovante, des escaliers en descente. Mouais... Pas grand chose... Le pauvre château d'Estavayer fait pâle figure face à l'imposante citadelle de Namur, les pavés sont bien mieux utilisé au Koppenbergcross - un circuit réellement audacieux - quand aux virages relevés ils sont une composante courante des courses nocturnes. Reste les escaliers en descente, mais l'idée n'a rien à apporter et leur interdiction par l'UCI n'a pas à être remise en question.

La noblesse du cyclo cross réside dans son absence de règles strictes dans la composition des parcours ; toutes les folies sont tolérées et, mieux encore, encouragées. L'excès est partout, s'insinuant dans chaque course et dans l'accumulation, parfois ridicule, de difficultés aberrantes. Quelle idée d'imposer aux coureurs des escaliers, des planches au milieu de la route, des montées impossibles, des dévers glissants, de la boue, voire, plus incompréhensible encore, du sable. Que vient-on faire en ce terrain barbare ? L'incapacité chronique des coureurs de rester sur leur vélo ne devrait-elle pas signifier expressément l'incompatibilité avec les courses cyclistes ? Rien ne dispose à rouler sur des dunes. Les roues s'y enfoncent, s'y coincent, les corps basculent ou tentent au moins de conserver un équilibre précaire, les jambes souffrent alors même que le vélo ne bouge pas, ou si peu, et la plupart du temps il faut bien se résoudre à descendre de sa machine pour continuer à pied.

Le cyclo cross n'est grand que dans la démesure. Encore faut-il laisser la possibilité aux coureurs, sinon de dominer le terrain, au moins de l'apprivoiser, un peu, de pouvoir prendre des marques et se focaliser aussi sur les adversaires. Coxyde est un de ces grands cocktails où l'atrocité du parcours embelli la lutte pour la victoire. L'inconfort du sable oblige à une certaine élégance, à une pureté du geste, à une modestie dans le choix des trajectoires. Niels Albert était l'incarnation d'un idéal, d'une force physique extrême mais si pur dans son coup de pédale là où tous les autres ressemblaient en comparaison à d'infâmes lourdeaux. On retrouve encore un trace de ce rêve dans Matthieu Van der Poel, mais surtout dans Sanne Cant.

Il est étrange que celle qui évolue le mieux dans les dunes soit aussi celle qui ait commis les plus grossières fautes : trois fois la belge fut incapable de repartir, bloquée dans les sable, poussant lamentablement avec ses pieds et perdant un temps considérable dans cette opération grotesque. L'ultime démonstration de Sanne Cant n'en fut que plus éclatante. Passant comme une furie Sophie de Boer et Sabrina Stultiens, elle prit la tête de la course, contrôla dans la montée, puis fila dans la descente alors que ses adversaires restaient empêtrées sur leurs machines. La princesse des sables devint la reine des dunes.

La reine des dunes

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artisan serrurier 25/11/2014 02:01

J'apprécie votre blog , je me permet donc de poser un lien vers le mien .. n'hésitez pas à le visiter.

Cordialement