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Top 10 : les champions de l'après-Amstrong

Publié le par Bullomaniak

10. Alejandro Valverde

Probablement le coureur le plus fort de sa génération. Mais aussi certainement un de ceux – bien que loin de gâcher son potentiel – qui n'aura pas su en tirer parti pour entrer dans la légende. Valverde gagne ou perd, mais sans jamais être éclatant, brillant de panache ou prêt à prendre tous les risques pour la victoire. Un Tour d'Espagne, trois Liège-Bastogne-Liège, ça reste énorme, mais finalement assez peu comparé à la polyvalence incroyable de ce coureur. Valverde restera dans les palmarès, beaucoup moins dans les esprits.

9. Thor Hushovd

Tour de France 2011. Étape de Lourdes. L'échappée met près de 80 km à partir. Thor Hushovd est dans le bon coup. Puis, dans l'Aubisque, se sachant inférieur aux grimpeurs, il est le premier à partir et passe troisième au sommet. S'en suit une démonstration éblouissante dans la descente du col, somptueux de technicité. Il reprend Moncoutié. Il reprend Roy. Et il les aligne à Lourdes. Une maîtrise parfaite. Rajoutez à cela un bon paquet de victoires, dont un championnat du monde et deux maillots verts (conquis avec panache en montagne), on comprend pourquoi Thor Hushovd a démultipliée l'audience du cyclisme en Norvège.

8. Thomas Voeckler

Tour de France 2011 (oui, encore). Étape de l'Alpe d'Huez. Voeckler est en jaune mais Cadel Evans est trop proche au général pour espérer le conserver après le chrono. Contador, ayant perdu tout espoirs de victoire, s'échappe dans le Télégraphe avec Andy Schleck. Evans est derrière. Pour Voeckler, il serait si facile d'attendre l'australien, de se résigner à un podium à Paris, mais le triomphe est là, infime mais palpable. Voeckler parti seul en poursuite. Il se rata, explosa en vol, mais fut sans aucun doute l'auteur du plus beau coup de panache de la décennie. Il n'a été ni le plus fort ni le plus gros palmarès de son temps, mais son attitude lui vaut bien le titre de champion.

7. Andy Schleck

Question potentiel gâché, Andy Schleck se pose là. Une telle facilité en montagne, un style si pur, si aérien, pour finalement pas grand chose. Le mental n'était pas à la hauteur. Épisodiquement, Andy faisait rêver par de grands raids, par des tactiques ambitieuses, avant de nous faire désespérer avec une attitude attentiste horripilante, et une certaine tendance à la soumission. Ça aura duré peu, mais il aura néanmoins laissé son empreinte dans la légende du cyclisme comme une grande œuvre inachevée.

6. Cadel Evans

Cadel Evans fut beaucoup trop considéré comme un suiveur, un coureur chiant et surtout pas un champion. A tort. Son panache dans le Galibier en 2011, seul à rouler derrière Andy Schleck, quand la majorité des coureurs paniquent et n'osent assumer leurs responsabilité, son attaque excellemment placée sur le championnat du monde à Mendrisio, sa fougue dans ses premières participations à la Flèche Wallonne, sa témérité quand il tenta de suivre les accélérations monstres de Contador et Rasmussen dans le Tour 2007..., tous ces exemples montrent sa farouche envie de gagner. Cadel Evans ne fut ni le plus spectaculaire, ni le plus offensif, mais à sa mesure certainement un grand champion.

5. Philippe Gilbert

En 2011 Philippe Gilbert fut le meilleur coureur du monde. Intouchable. Grisant de facilité. Ce fut l'apogée d'une carrière riche en victoires. Il y eu un avant et un après. Avant, c'était l'attaquant invétéré qui s'imposa comme le meilleur puncheur du monde. Après, le contre-coup. Restait son domaine, le Cauberg, où toujours il demeurait intouchable mais rien ne fut comme avant. Plus réservé, moins fougueux, moins dangereux, Philippe Gilbert a vieilli. Mais à part quelques minces regrets sur le Tour des Flandres, il aura réussi à peu près partout, pour un palmarès d'une très belle consistance.

4. Tom Boonen

Tom Boonen est un grand cru. Il se bonifie en vieillissant. Preuve que le belge est un grand champion : plus le physique décline, plus il passe à l'attaque, conscient que sa pointe de vitesse ne suffit plus face à la nouvelle génération. Déjà, son premier tour des Flandres donnait le ton. Plutôt que de patienter jusqu'au sprint, il préférait terminer en solitaire, évitant les aléas inhérents à une arrivée groupée. Et comment ne pas citer le sommet. Paris-Roubaix 2012. Boonen eu beau déclarer à l'avance l'inutilité pour lui d'une attaque kamikaze à la Cancellara, il ne trouva rien de mieux que de partir seul, à 50 km, dans une geste d'un sublime inutilité.

3. Alberto Contador

Seulement troisième diront certains. Certes. Mais si les deux premiers sont uniques, voire les meilleurs dans leur domaine, Alberto Contador n'est finalement pas le meilleur coureur de courses par étapes de l'histoire du cyclisme. Il fait sans aucun doute parti du sommet. Mieux encore, Contador est celui qui fait la course, qui la rend intéressante, passionnante, attractive. Fuenté Dé sur le Vuelta 2012 est probablement son plus beau coup de panache. Contador est un attaquant, incisif dans son coup de pédale, et quelqu'un qui malgré les accointances avec le dopage rend le cyclisme meilleur en rappelant que l'offensive est un bien nécessaire.

2. Mark Cavendish

Le meilleur sprinteur de tous les temps. Si la manière peut contrarier, il suffit de regarder le résultat : championnat du monde 2011, Milan San Remo 2009, classement par points des trois grands tours, 25 victoires sur le Tour de France, le seul qui puisse un jour venir inquiéter Eddy Merckx sur le record d'étapes... Bref, ça envoie du lourd. Cavendish c'est un style, très bas sur son vélo, très véloce, capable de lancer son sprint de très loin ou de venir frotter à l'extrême. Cavendish c'est une gueule, quelqu'un qui divise, qui énerve par ses sprints hargneux et violents, qui émeut lorsqu'il font en larmes après l'arrivée ou achève misérablement sa course sur le sol, chez lui, en pleine quête de ce maillot jaune qui lui échappe encore et encore. Cavendish gagne et ne laisse pas indifférent. Il mérite sa place au panthéon du cyclisme.

1. Fabian Cancellara

Cancellara est unique. Un style rien qu'à lui, une manière de courir atypique, des coups d'éclatant fulgurants. Un coureur entièrement voué à la victoire, que ce soit par une longue échappée solitaire ou par une gestion au cordeau lorsqu'un peloton entier est voué à sa défaite. Le coureur avec lequel tu ose à peine prendre des relais tant tu crains d'exploser dans sa roue. Une élégance incontestable dans les montées pavées, assis, puissant et racé. Fabian Cancellara n'a pas d'équivalent, il est créateur de sa propre légende. C'est lui désormais qui fait référence, c'est à lui que, fatalement, seront comparés tous les coureurs s'approchant un tant soit peu de son style.

Top 10 : les champions de l'après-Amstrong

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