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Neutralisation

Publié le par Bullomaniak

Tour de France 2015 - étape 3

Fallait-il arrêter la course ? OUI ! Ça semble si évident. Deux chutes spectaculaires à la suite, des coureurs gravement atteints, les ambulances bloquées à l'arrière avec les voitures de directeurs sportifs, une nervosité maximale dans le peloton et un rétrécissement plus que dangereux vers lequel le peloton file à toute vitesse. Argument ultime : la course n'était pas lancée. Pas d'échappée, pas d'attaque, simplement des coureurs en train de se replacer, ce qui de fait est le moment le plus dangereux d'une épreuve cycliste. Il fallait stopper.

Le problème n'est pas tant cet arrêt que la réaction des coureurs. Au plus profond de la connerie on eut la Sky. Qu'on soit d'accord avec la neutralisation ou pas, quelle incidence cela a-t-il tant que Froome reste à l'avant du peloton ? Râler sous le coup du stress est une chose, se comporter comme la pire des enflures en ne respectant ni le règlement, ni les coureurs au sol ne peut absolument pas être cautionné. Vouloir relancer à bloc sous le simple prétexte que le directeur de la course vous a dit de ralentir est une réaction pour le moins infantile. Que la Sky ne s'étonne pas de ne pas avoir de respect de la part du monde cycliste si de la moindre de leur action émane un aussi profond mépris.

Quand au reste... il est intéressant de voir que bien que adultes et rémunérés pour leur activité, les coureurs du Tour ne s'en sont pas moins comporté comme les plus basiques des cadets. Neutralisation : on gueule. Arrêt : on passe évidemment les voitures des commissaires bien que celle-ci vont de toute façon devoir se replacer à l'avant. On ne s'écarte pas, on s'empile, on cherche à se replacer malgré l'information de la côte neutralisée, et à part un flegmatique Thomas Voeckler on prend tout cela beaucoup trop à cœur, au lieu d'en profiter pour se détendre un peu.

Tout coureur a déjà connu un moment de grand n'importe quoi en course. Les professionnels plus que tout autre, eux qui ont tout connu, des courses de clochers aux plus grosses machines. Et pourtant alors que tous ont connu bien pire, bien plus insupportable, tous les coureurs se comportent comme de parfaits crétins dès qu'une décision d'un commissaire les perturbe un tant soit peu. L'esprit grégaire s'empare instantanément du peloton qui, plutôt que de patienter tranquillement, préfère s'énerver contre des gens cherchant à assurer la sécurité des coureurs au lieu de privilégier le spectacle à tout prix.

Neutralisation

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