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Courbes en surplomb de l'eau

Publié le par Bullomaniak

Tour de France 2013 - étape 17

Froome a gagné le Tour de France. On le savait déjà ; il vient d'enfoncer encore un peu plus le clou. Pourtant, jamais depuis le début du Tour il n'est apparu aussi faillible, aussi accessible pour ses adversaires. Certes il remporte la victoire. De peu. L'écrasement ne fut pas aussi important qu'au mont saint Michel, pas aussi démonstratif qu'au mont Ventoux. Mieux, on a cru en sa défaite. Contador passa en tête sur les deux premiers intermédiaires : seule la partie finale plus roulante permit de renverser la situation.

Les écarts sont faibles, les favoris se sont quasiment neutralisés, conservant des positions semblables. Seul Jean-Christophe Peraud a chût, condamnant la dernière chance française au top 10. Son courage fut exemplaire ; chutant à l'échauffement, il prenait tout de même le départ. On crût à l'exploit le voyant dans de bons temps alors même que son épaule gonflée par un bandage rappelait sa clavicule brisée. Mais le destin est cruel ; Peraud retomba lourdement à deux kilomètres de la ligne, contraint à l'abandon. La France a décidément la poisse. L'Espagne en revanche y a cru, Contador semblant retrouver des jambes de feu ; il échouera à la deuxième place, Froome demeurant intouchable, mais plus inaccessible. Froome fatiguerait-il ? La récupération de Froome peut poser question : il n'était pas au niveau de ses performances antérieures, signal encourageant pour ses adversaires. L'étape d'hier fut éprouvante ; celle de demain le sera encore plus, avant deux jours extrêmes. On verra bien si Froome rééditera ses performances du Ventoux ou s'il perdra quelques secondes. Le suspens est achevé : les autres courent pour la deuxième place. Néanmoins un Froome faillible donnerait des images intéressantes ; la course peut se contenter de sa domination des deux premières semaines.

Plus encore dans cette étape, c'est le parcours qui éclatait de réussite. Quelle merveille ! Rarement les contre-la-montre sont aussi beaux ; alliant la rudesse des côtes à la technicité des descentes, au milieu de paysages somptueux. La descente de la première côte fut la plus belle de ce Tour ; une courbe en annonçait immédiatement une autre, adossée à la falaise, reprenant immédiatement sur une troisième. L'étroitesse de la chaussée l'interdit à un peloton ; superbe idée de la proposer à des individualités. Sa difficulté impose les motos derrière les coureurs : trop souvent les réalisateurs se sentent contraints de filmer les descente de devant, empêchant le spectateur d'admirer la prise des trajectoires. Aujourd'hui je me suis repus de la maîtrise de Jeannesson ; cela suffit à mon bonheur. Seul le final dépareillait au cœur de ces routes escarpées, accueillant soudain une bande de séparation des voies. Qu'importe. Ce contre-la-montre fut le plus beau jamais proposé sur une course par étapes ; un peu de suspense s'y ajoutant, l'exaltation fut grande. On en redemande volontiers.

Courbes en surplomb de l'eau

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