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Décevante Bretagne

Publié le par Bullomaniak

Grand prix de Plouay 2013

La déception prime sur une course comme Plouay, dévolue de plus en plus aux sprinteurs. La longueur du circuit adoucit le parcours et limite les dégâts au sein du peloton, préservant un nombre suffisants d'équipiers dans l'optique d'un regroupement final, sans grande chance désormais pour les assaillants. La traversée de la forêt est de toute beauté, étirant le peloton, frôlant de frêles ruisseaux qui semblent avoir été destinés au rafraîchissement des coureurs, à leur procurer un moment de quiétude au cœur des mouvements de course. Cela ne justifie pas l'étirement du parcours. Surtout c'est oublier l'intérêt du public, espaçant les passages du peloton, brisant l'animation du bord des routes.

Il est pourtant malhonnête d'arguer d'une apathie de la course ; les attaques fusèrent de toutes parts dans les deux derniers tours, laissant peu de temps à l'ennui, les coureurs se renouvelant extrêmement rapidement à l'avant du peloton. Les noms, les visages variaient tant qu'on ne savait très bien qui l'on apercevait. Les commentateurs eux-même peinaient à préciser ces informations. Cyril Gauthier le premier avait déclenché les offensives à l'entrée de l'avant-dernier tour. Ce fut le signal de départ. De tous les côtés, à chaque moment, les rares moment de quiétude venant d'un prolongement incongru d'un coureur à l'avant, le peloton accélérait, ralentissait et repartait de plus belle, écrémant à l'arrière (mais si peu), surtout faisant démonstration de la diversité des équipes en présence. Le bleu succédait au vert, succédant lui même au gris, réplique à la présence de rose.

Dans ce défilé multicolore personne pourtant ne trouva l'ouverture. La dernière bosse permis un détachement plus grand, un mince instant de désorganisation qui remis à flot nos espoirs. Mais le peloton continua sa mise en avant, roulant davantage pour placer ses coureurs que dans la volonté de reprendre les impudents éclaireurs, destin inexorable. Pozzato émergea de toute cette masse, levant les bras au ciel dans la joie du retour à la victoire. Le sprint fut tel qu'il était attendu. La surprise devra encore attendre l'année prochaine.

Ce fut plutôt du côté des femmes, bien que la surprise y fut également absente, que l'attention a davantage intérêt à se tourner. Vos fut égale à elle-même, aussi dominatrice qu'élégante. Marianne Vos fait parti de ces privilégiés du peloton dont le style rejoint à la perfection leur domination de course, ajoutant la grâce à leurs envolées, à l'image d'un Anquetil ou d'un Cancellara. La pureté de son coup de pédale n'a que peu d'équivalents. Sa surpuissance au cœur du peloton féminin pourrait créer de la frustration, ou pire, de l'ennui. Les deux s'envolent dès la moindre de ses apparitions. Sa domination n'empêche pas le panache. Vos elle-même n'hésite pas à attaquer la première, à décanter la course, s'échapper à tout prix alors même que seule Bronzini peut à priori la régler au sprint.

Marianne Vos est l'Eddy Merckx du peloton féminin, déterminée à ne laisser aucun espoir à ses adversaires, prouvant dans chacune de ses apparitions sa supériorité. Sa course à Plouay fut une énième variation du genre. Vos pour une fois se contenta de suivre ses adversaires. Ce fut par contre elle qui prit les relais les plus appuyés dans l'échappée décisives. Certains chez les hommes devraient en prendre exemple. La ligne pourtant lointaine encore n'avait pas empêché l'offensive. Les peloton plus réduits y aident certainement, mais il est désolant qu'on ne puisse se délecter d'un tel spectacle qu'au travers de l'écrit. Dans l'ultime bosse, Vos démarra, mettant dès les premiers coups de pédale ses adversaires à plusieurs longueurs, créant un écart toujours plus irrémédiable avant de s'en aller seule vers la victoire. Ses capacités au sprint ne l'empêchent pas de participer au spectacle, et c'est en ce sens que nous nous devons de la respecter et de l'admirer.

Décevante Bretagne

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