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Dans la force de l'âge...

Publié le par Bullomaniak

Vuelta 2013 - étapes 17, 18, 19

Passons sur la 17ème étape. Bordures, français piégés, bla, bla, bla... Mollema a gagné, tant mieux pour lui. A part faire un énième commentaire sur la faiblesse des équipes en présence sur cette Vuelta je ne voit pas l'intérêt de parler de cette journée. Parlons plutôt de la 19ème étape et du réveil de Rodriguez. Surtout parlons de l'arrivée à Pena Cabargas.

Kiryienka est l'une des plus grosse brute du peloton. Spécialiste des efforts de très longue durée, capable de rouler des heures au profit de ses leaders. Nombre de ses victoires s'appuient sur un principe similaire. Kiryienka s'échappe, s'isole et résiste héroïquement au peloton. De préférence sur un terrain montagneux. Son plus grand exploit demeure la victoire acquise lors du Giro 2011. Sur les pentes abruptes et poussiéreuses du Colle di Finestre Kiryienka était seul. Sept minutes derrière avançait le peloton des favoris. Rujano s'en échappa. Il fut incapable de reprendre la moindre seconde à l'homme de tête. Les favoris perdirent carrément du temps. Kiryienka était immense.

Pena Cabargas fut l'occasion de réciter ses gammes. Kiryienka devant le danger d'un Chris-Anker Sörensen partit dès l'avant dernier col. Trente cinq kilomètres restaient à franchir jusqu'au pied de la dernière difficulté. Posé imperturbablement sur sa machine, ne s'accordant que de minces répits dans les descentes, affichant sur son visage la souffrance invisible dans son coup de pédale, le Biélorusse s'envola, insensible à la logique du nombre, repoussant toujours plus les trois hommes lancés à sa poursuite. Le peloton lui-même désespéra voyant les maigres secondes reprises. Le numéro répété si souvent fut une fois encore parfait. Kiryienka arriva seul, porté par la foule, mais n'écoutant au milieu de son extrême concentration que l'unique rythme de son corps, ses jambes fatiguée, son souffle lourd.

Poursuivants comme favoris ne purent revenir. La pente brutale de Pena Cabargas se chargea néanmoins d'assurer le spectacle. Le peloton effectua le pied de l'ascension à un rythme insensé. Mais le pire attendait encore. Les deux effrayants derniers kilomètres arrivaient. Rodriguez voulu en profiter. Il se cala dans la roue de deux coéquipiers puis donna l'ordre d'attaque. L'accélération fut monstrueuse. Personne dans un premier temps ne put revenir. Horner dut s'atteler à la tâche. Valverde préféra conserver son rythme. Nibali tenta pour sa part de s'y accrocher. Mal lui en prit. Horner reprit Rodriguez. Conscient du danger, celui-ci préféra laisser partir. Nibali insista pourtant. Horner accéléra encore. Nibali explosa.

Horner avait écrasé de sa superbe la course des favoris. Personne n'avait pu le suivre. Personne n'aurait pu l'attaquer. L'écart fut considérable ; Nibali en détresse sauva son leadership pour quelques misérables secondes. Ce fut pour le perdre dès le lendemain, sur une côte anodine où il semblait impossible qu'Horner puisse distancer ses adversaires sur d'aussi faibles pourcentages. Mais Nibali montra sa fatigue, son coup au moral asséné par Horner. Rodriguez profita du dernier kilomètre pour s'emparer d'une consolatrice victoire d'étape. Horner profita de l'occasion pour se vêtir de rouge. Rien maintenant ne peut entraver l'ancien pour le titre à Madrid.

Dans la force de l'âge...

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