Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

La gloire aux attaquants

Publié le par Bullomaniak

Tour de Pologne 2013 - étapes 5 et 6

C'est là que réside la véritable identité du tour de Pologne, dans ces petites côtes répétées qui usent tant les coureurs. Les événements de ces deux derniers jours prouvent bien l'inutilité du Trentin ; si la première étape s'acheva par un sprint, la seconde éparpilla totalement les coureurs, laissant place à l'explication des favoris. De cette masse en souffrance, deux coureurs émergèrent : Atapuma, résistant héroïque d'une longue chevauchée, accompagné dans les derniers mètres par l'insatiable Riblon.

Thor Hushovd le premier jour n'avait livré qu'un entremet, maîtrisant parfaitement son sprint. Déjà, des signes s'annoncèrent. Riblon partait déjà à l'attaque, d'autres favoris collés à sa roue. Ils furent repris. Le parcours leur refusa la réussite : un sprint, bien que réduit, devait arriver. La frustration atteignit alors non pas tant les leaders, mais Matthieu Ladagnous, malheureux des derniers mètres. Remontant tout au long du dernier kilomètre, il échoua sur les talons d'Hushovd, se sentant pleinement capable de la devancer. A Paris-Roubaix déjà une chute l'écarta d'une course où tous les espoirs lui étaient permis. Cette année n'est pas la sienne. Souhaitons lui réussite pour la suivante.

Le parcours de la deuxième étape était tout autre : les côtes s'enchaînaient sans répit, maltraitant les coureurs de leurs immondes pourcentages. Les favoris déjà exténués durent encore reporter leur repos. Les pentes de la veille n'avaient été qu'un aimable préambule ; ce jour-ci était roi. La course se jouait en ce lieu, attendant l'attaque décisive d'un des favoris. Ce fut celle de Riblon, le plus acharné du groupe. Autant d'attaques en deux jours devaient payer ; les favoris se regardèrent un instant. Cet instant fut de trop. Riblon fila. Derrière personne ne domina, tous partenaires de la même misère. Les relais furent vains : Riblon était parti, personne ne pouvait revenir. On limita comme on pu ; surtout on peina à s'entendre. Devant aussi le ton monta. Riblon rejoignant les échappés les enjoignis à rouler ; ceux-ci refusèrent, arguant de la fraîcheur de leur nouveau compagnon. Une chose restait à faire : se préoccuper seulement du général. Riblon cessa de parlementer ; il agit, s'employant à creuser toujours plus l'écart sur les favoris, pointé vers le seul but du maillot jaune. Atapuma seul accrocha le train infernal du français. Il en fut récompensé par la victoire. Riblon lui s'emparait du leadership. Clairement, l'homme a changé ; passant de simple équipier, parfois vainqueur en montagne, il s'affiche aujourd'hui comme prétendant à la victoire sur une course World Tour. L'Alpe d'Huez a changé sa visibilité ; elle a surtout changé sa mentalité de coureur. L'offensive lui est devenue partenaire de course. Il n'est plus pour lui question de s'en départir. Tant mieux.

La gloire aux attaquants

Commenter cet article