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Le tour des sponsors

Publié le par Bullomaniak

Tour de Pologne 2013 - étapes 3 et 4

Suite à l'inutile détour italien, c'est-à-dire surtout suite au transfert perturbant, les coureurs reprenaient calmement par deux étapes destinées aux sprinteurs. Seulement, de sprinteur, il n'y avait point ou plutôt il y avait peu. Quelques coureurs de second rang étaient là - Hushovd, Renshaw, Hutarovitch - mais aucune pointure. Ce sont les coureurs de la BMC qui prirent avantage de cette désaffection. Hushovd ouvrit la voie sur un sprint classique, parfaitement maîtrisé, tandis que le second jour Phinney, refusant la tournure classique, s'échappa à sept kilomètres de la ligne.

Ce que réalisa Phinney n'est en rien étonnant : double champion du monde de la poursuite, Phinney est tout disposé à réaliser de tels coups. Ses capacités physiques n'étaient plus à démontrer. A l'arrière, les équipes, limitées à six coureurs, plus encore limitées par des effectifs de second rang, ne pouvaient s'organiser efficacement. Ce qui intéresse, en revanche, est de savoir s'il a la mentalité d'un champion, en plus du coffre. Apparemment oui. Son coup était parfait, encore fallait-il le tenter. Nombre de grand talents ne savent pas sauter sur les occasions ; d'autres y sont naturellement disposés. Cancellara est le champion par excellence sur ce type d'attaques, spécialiste du dernier kilomètres, chose qu'il arriva même, exploit incomparable, à réaliser sur le tour de France, profitant uniquement d'une courte section pavée. Phinney semble être celui qui aujourd'hui peut se rapprocher le plus de ce géant. Il en a les capacités. Il a prouvé aujourd'hui qu'il en avait la volonté. Il a remporté deux fois Paris-Roubaix espoir. Cette année, il refusa de plier devant la neige et le froid, s'arrachant pour une septième place à Milan San-Remo. L'année passée, il prouva sa volonté de vaincre, axant son début de saison vers un seul but : porter le maillot rose au Giro. Il l'accomplit, prouvant que sa volonté n'était pas vaine. Il porte déjà tous les attributs d'un champion ; quelques années supplémentaires pourraient faire de lui un Grand du cyclisme.

Mais la course peut intéresser également par ses à-côté. Un chose me frappe depuis le départ : la mise en avant démesurée des sponsors. Le tour de Pologne, où qu'il soit, ne propose qu'un unique paysage, un rang infini de ballon publicitaires. C'est dans la deuxième étape que la chose était la plus flagrante, la caméra constamment rivée sur Riblon recherchant surtout à mettre ces immondices du bord de route dans le champ. Je n'ai rien contre la publicité sur les courses, nécessaires aux organisateurs. Ici, la chose est simplement ridicule. La plupart des sponsors nous sont inconnus, sans doute parlant davantage aux populations polonaises. Aussi, pourquoi un pareil matraquage ? Chaque kilométrage a droit à son arche gonflable, chaque bord de route inoccupé est un appel à un de ces ridicules ballons. Le soupçon va même plus loin : les circuits proposés en chaque fin d'étape ne seraient-ils pas un ingénieux moyen de repasser plusieurs fois à l'antenne ces dispositifs démesures ? La question se pose, bien que les circuits existèrent bien avant la diffusion télévisée. La chose en elle-même pourrait ne pas nuire à la course, si ce n'est que la réalisation préfère se plier aux exigences publicitaires, plutôt que de se concentrer sur les faits de course. Les coureurs isolés laissent davantage de place au regard : filmer ces coureurs devient un priorité, bien avant la course des favoris, malheureusement toujours groupés. Sans doute exagère-t-on et la chose est-elle plus risible qu'autre chose, mais il est triste de voir, après les dérives italiennes, une autre forme de dérive sur la même épreuve.

Le tour des sponsors

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