Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Le vent tourne...

Publié le par Bullomaniak

Tour de France 2013 - étape 13

Les commentaires se sont emballés au sujet de cette étape ; on a parlé de la plus belle étape depuis 25 ans, on a loué le panache d'Oméga-Pharma et de Saxobank... Bref, on s'épancha sur la magnificence de la course cycliste. Mais cette étape, certes somptueuse, fut-elle vraiment la plus belle de ce Tour ? La plus belle bordure de ces dernières années, assurément. La beauté de cette étape réside surtout dans sa surprise ; on se plaignait la veille de scénarios de course dévolus aux sprinteurs ; plus encore on baillait d'avance au sujet de cette étape. Et pourtant quelle course !

Qui sont les responsables de notre émerveillement ? Le parcours venteux et dégagé ? La fatigue du peloton ? La déception de certaines étapes vient trop souvent d'un parcours difficile non exploité. Considérant que le parcours décantera nécessairement la course, on s'énerve de voir la passivité des coureurs, oubliant que la course reste ce que les coureurs en font. L'étape d'aujourd'hui, nous la devons à l'équipe de Marc Cavendish, Oméga-Pharma. C'est elle qui a pris en main la course, choisissant de rouler incessamment pour faire exploser le peloton, et surtout les adversaires de Cavendish au sprint. Kittel fut le premier à craquer, démontrant encore une fois son incapacité à finir devant le Grupetto. Mais au final, rien de bien concluant. Jusqu'à la crevaison de Valverde. La course prit immédiatement une autre tournure ; le second du général avait perdu le contact. Tout de suite, les autres équipes en profitèrent. Belkin relançait le peloton. Valverde derrière regroupait ses troupes ; la bataille allait décider de l'avenir de son Tour. L'équipe Movistar s'engagea dans la course-poursuite, appuyant toujours plus dans ses relais, reprit du temps, se rapprocha même de l'arrière du peloton, put un instant sentir le souffle des roues, mais craqua. Ce fut la fin des espoirs de Valverde. Neuf minutes seront concédées à l'arrivée.

Les choses auraient pu en rester là. Il n'en fut rien. Saxobank considéra l'occasion, et s'y engagea. Bennati mit en route, insensiblement, une cassure se produisit. Mollema, Ten Dam, Fulgsang et les saxobank subsistèrent. Deux sprinteurs encore tinrent le choc : Cavendish et Sagan. Le maillot jaune se retrouve isolé. Froome se retourne, appelle ses coéquipiers qui ne peuvent boucher le trou. L'écart augmente, petit à petit. L'avantage se fait définitif. On ne reviendra pas. Maintenant, une autre question se pose : que va perdre Froome sur Contador ? Un match nouveau s'engage. A l'avant, les relais tournent, sans qu'aucune question ne se pose. A l'arrière, on panique, on roule comme on peut, on ramène les coéquipiers. Ceux-ci sauvent la face, l'écart est limité, une minute seulement à l'arrivée. Sur la ligne, Cavendish dispose aisément de Peter Sagan.

L'étape fut palpitante, mais le général reste fondamentalement le même. La course fut plus belle que le résultat ; Froome reste leader incontestable. Le résultat le plus remarquable est la victoire de Cavendish. La victoire de Sagan à Albi découlait du panache de son équipe ; ici c'est Oméga-Pharma qui fit acte de courage. Déterminés à lâcher les autres sprinteurs, les hommes en bleu n'hésitèrent pas ; ils agirent. Leur victoire n'est que juste récompense. Reste que la victoire de Sagan à Albi était plus forte encore. Le panache était plus grand, plus osé, le résultat plus incertain. La lutte d'Albi fut hasardeuse ; on crut ferme au retour des sprinteurs. La bataille paraissait favorable aux poursuivants ; aujourd'hui ce sont les assaillants qui avaient l'avantage. Le suspens n'y était pas aussi fort : dans une bordure, l'arrière ne revient que rarement. Pour le reste, Saxobank et Oméga-Pharma viennent de donner une leçon aux Movistar : quand on a une occasion, on en use. Movistar s'était contenté de distancer Porte dans les Pyrénées, négligeant leur surnombre et la solitude du maillot jaune. Ce qui arrive à Valverde est un juste retour des choses. Belkin a su profiter de l'occasion et évincer un de leurs adversaires au général ; que la défaillance soit physique ou mécanique n'a pas grande importance, ce qui compte c'est l'attaque aux moments propices.

Le vent tourne...

Commenter cet article