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Les nains de la route

Publié le par Bullomaniak

Tour de France 2013 - étape 9

La domination de Froome dans la première étape pyrénéenne appelait une revanche. Reprendre du temps ou de l'ascendant moral à travers ces cinq cols propices aux coups tactiques. En un sens, c'est ce qui s'est passé. Froome a été inquiété. Mais inquiété seulement. Jamais il n'a réellement été mis en danger alors même que la situation appelait une coalition contre lui, une pression incessante pour le faire craquer. Rien de tout cela. On se contenta de prouver la faiblesse de l'équipe Sky et de rentrer chez soi bien content d'avoir éliminé un prétendant au podium.

Dès le départ, comme en ces étapes où on annonce la victoire d'une échappée, des attaques fusent de toutes part. Rien de bien décisif et déjà le premier col s'annonce. L'équipe Garmin emballe alors la course. Hesjedal, Martin accélèrent violemment. D'autres leaders réagissent. Pierre Rolland y va. Froome ne dispose déjà plus que d'un seul équipier, Richie Porte. Mais bientôt il s'écarte. Froome s'énerve, s'emballe et revient seul sur le groupe de tête ; se condamnant à une dangereuse solitude. En haut du deuxième col, ils ne seront plus qu'une vingtaine, Movistar et Saxobank en position de force. Il reste 130 kilomètres et trois ascensions.

A cet instant de course, les esprits s'échauffèrent. Les scénarios les plus fous furent évoqués. Froome attaquant dès Peyresourde à 70 km de la ligne. Contador et Kreuziger partant tous les deux vers la victoire. Une envolée solitaire de Quintana. Un outsider profitant de l'occasion pour prendre le maillot jaune. Le début d'étape complètement fou laissant entrevoir milles merveilles. Que ne fut-on pas déçu. Après le col de Menté, la course se figea un peu ; une échappée non dangereuse au classement général pris quelques longueurs et Movistar contrôla derrière. On se résolu à attendre, pensant que la course reprendrait naturellement plus tard. Le col de Peyresourde passa. Toujours rien. Dans le col de Val Louron, pas davantage. Movistar imposait un tempo régulier, ne faisant mal qu'aux éléments les plus faibles. On se résolut à attendre les dix kilomètres de la Hourquette d'Ancizan.

Cinq kilomètres passèrent. Rien. On commença franchement à s'impatienter. Les commentateurs de France télévisions eux-même s'énervaient de la passivité des favoris. Quatre kilomètres du sommet. Quintana enfin agit et met une légère accélération. Froome suit sans problème ainsi que tous les autres favoris. Quintana mettra trois autres accélérations toujours sans succès. Valverde remonte à sa hauteur et lui demande de ralentir. Les autres favoris restent eux aussi passifs. Pire, Contador interdit à Kreuziger d'attaquer, se sentant sans doute trop juste. Seul Dan Martin et Fulgsang osèrent. Leur récompense fut la victoire d'étape. Les autres se contentèrent de misérables accessits.

On aurait pu avoir la plus belle étape de montagne de ces dernières années, qui eût propulsé le Tour sur une base folle, nous laissant impatients de la suite. A la place on eut droit au retour des nains de la route. Tous, la Garmin, Fulgsang et Froome exceptés, sont des nains impuissants, satisfaits de leur médiocrité, heureux de rester dans le sillage de leur maître. Louons Dan Martin toujours attaquant. Huons Contador décidément offensif uniquement contre les plus faibles. Valverde n'est qu'un misérable suiveur, comme la plupart des coureurs. Peraud est incapable de la moindre action de course. Evans n'est qu'un résidu impuissant. Schleck une ombre du passé. Froome seul semble avoir la dignité pour gagner ce Tour. Au vu de la passivité extrême de l'adversité, il a déjà course gagnée, seul géant parmi les nains.

Les nains de la route

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