Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Mise à jour

Publié le par Bullomaniak

Tour de France 2013 - étape 11

Wiggins gagnait le Tour dans les contre-la-montre, contrôlant dans la montagne. Froome est son exact inverse : dominant irrésistiblement dans les cols, tout en se classant parmi les meilleurs dans le chrono. Wiggins finissait parmi les premiers aux sommets ; Froome vient de se classer deuxième derrière le champion du monde de la spécialité, Tony Martin.

On a même craint la victoire de Froome. Une seconde d'avance était annoncée au premier intermédiaire. Deux au second. En toute logique, trois secondes à l'arrivée. Seulement, le cyclisme est un sport où la logique prend bien des libertés. Aujourd'hui, il fallait chercher ailleurs, dans la motivation des deux hommes s'affrontant pour la victoire d'étape. Tony Martin sur ce Tour n'avait qu'un objectif : cet unique contre-la-montre à sa mesure. Froome venait pour le Tour ; la victoire aujourd'hui lui était peu nécessaire. La différence est immense. Le champion du monde n'avait qu'une journée en tête ; il y ferait éclore toute sa rage, toute son envie de vaincre. Froome venait pour gérer, accroître son avance ; en aucun cas pour prendre des risques. Tony Martin n'en avait que faire. Il prit des risques. Surtout il puisa jusqu'aux plus profond de ses forces, allant jusqu'aux plus extrêmes limites de sa volonté. En ce sens l'arrivée est révélatrice. Froome franchissant la ligne ne s'écroule pas. Il observe le chrono, compare mentalement son temps à celui de ses adversaires. Tony Martin lui s'est affalé, vidé de ses forces. Peu lui importe le temps des autres ; c'est du sien dont il importe. Il sait qu'il a tout donné ; il sera le meilleur ou il ne le sera pas. Nécessairement, il l'emporte.

Froome fut néanmoins deuxième. Le plus proche prétendant au général, Kwiatkowski, lui concède 1'30. Tous les autres 2'30. Certains plus encore. Le second du général, Valerde, se retrouve avec 3'30 de retard. Un gouffre. Froome a pris le large, trop loin maintenant pour l'apercevoir de la côte. Un retard pareil appelle l'attaque, l'offensive tactique en règle. Chaque occasion se doit d'être optimisée ; Froome est trop fort pour être attaqué de front. D'abord l'isoler. Ensuite le piéger. La deuxième étape des Pyrénées fut une occasion énorme ; personne n'en profita. on se contenta de quelques accessits, Porte disparaissant de la lutte au podium. Froome ne perdit rien. C'est toujours autant de gagné pour lui. Et aujourd'hui l'écart se creuse encore.

Mise à jour

Commenter cet article