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Mise au point

Publié le par Bullomaniak

Vuelta 2013 - étape 11

Le contre-la-montre recoupait deux enjeux. Les favoris devaient s'y livrer la bataille habituelle et donner de nouveaux enseignements sur les états de forme de chacun. Surtout on attendait le duel Cancellara-Martin. Les deux hommes jusqu'alors avaient démontré leur grande condition, l'un réalisant un incroyabale raid solitaire, l'autre s'affichant à plusieurs reprises dans des sprints massifs et effectuant d’impressionnants relais au pied des cols. La rivalité entre les deux hommes fut flagrante sur la sixième étape, Spartacus lançant son sprint à quatre cents mètres pour revenir in extremis sur l'homme échappé depuis le départ, Tony Martin.

Malheur des horaires télévisés, la bataille entre ces deux géants eut lieu en dehors des heures de diffusion. Quelques images rétrospectives nous furent offertes. Cela ne put compenser la déception d'avoir manqué un tel spectacle. Le suspens fut absent et le résultat jeté brutalement à notre esprit. Le chronométrage lamentable de la Vuelta avait de plus crée un renversement des rôles au premier intermédiaire, Cancellara étant annoncé derrière Tony Martin, rendant plus passionnant encore le duel entre les deux hommes. Dans les faits Cancellara domina son adversaire en tous lieux. Frustré déjà de deux podium d'étapes, le Suisse pouvait se consoler, redevenant un temps le meilleur de cette discipline autrefois sa place inatteignable.

On dut se contenter de l'affrontement des favoris. Contenter est un bien grand mot ; on y trouva suffisamment pour rester concentré. On put surtout apprécier le parcours, découvrir ces grandes plaines désertiques, larges et droites, moments de solitude immense pour les coureurs, sauvés de l'ennui par les motos se relayant à leurs côtés. Seule la bosse du parcours apportait une distraction bienvenue. En contradiction profonde avec les premiers kilomètres, les coureurs s'engageaient dans la forêt, oasis inattendu au milieu du désert. L'ombre des feuillage apportait sa fraîcheur. Caresse esquisse. Grande est alors la tentation de l'arrêt, du renoncement absolu, du repos mérité après une dure campagne. Les quelques spectateurs présents, juges impitoyables, relançaient de leur regard les impudents ayant pensé une seconde à la désertion. Venait alors le sommet, faisant oublier les souffrances jusqu'ici endurée. Le coureur se résolvait au retour dans la fournaise.

La surprise vint de Pozzovivo. Habitué aux forts pourcentages, personne n'imagina l'italien réaliser une grande performance sur cet exercice. Pourtant le premier intermédiaire, avant l'entame même de la bosse, provoqua la stupeur. Pozzovivo approchait dangereusement des temps de Cancellara. L'ascension vint confirmer cet exploit ; Pozzovivo prit la tête un moment. La descente inévitablement remis les pendules à l'heure. Le miracle continua néanmoins. Pozzovivo passa en troisième position sur la ligne, derrière les deux spécialistes incontestés.

Les autres favoris récitèrent leurs position. Nibali et Valverde s'affirmèrent un ton au-dessus. Suivirent les hommes attendus : König, Pinot, Basso, Majka... Rodriguez pris une rouste. Moreno prit une volée. Horner enfin fut exécrable. Pas que son temps perdu soit irrémédiable, mais que en comparaison avec sa démonstration de l'étape précédente son chrono fut passablement mauvais. Deux excuses furent évoquées. D'abord une guêpe entrée dans la bouche de l'américain au départ. Ensuite une combinaison trop petite et mal adaptée. On peut rajouter un point, bien plus essentiel : sa position sur le vélo. Faire la mariole en danseuse dans des pourcentages élevé n'a pas d'importance ; faire un contre-la-montre debout sur les pédales fait perdre un temps énorme. L'aérodynamisme en prend un sacré coup. C'est à se demander si Horner, sans ces paramètres profondément handicapants, eût pu faire un temps comparable à Vincenzo Nibali, pourtant coureur beaucoup plus complet. On peut craindre une réédition de ses exploits en altitude dans les prochains jours.

Mise au point

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nabil 09/09/2013 04:58

Biensur quand c'est Horner qui gagne une étape de montagne (tu oublies bizarrement de parler des favoris qui se sont regardés...) malgré cet écart, c'est du dopage et il ne faut pas y croire. Mais quand Pozzovivo, exécrable rouleur, finit 3ème d'un CLM, c'est seulement "surprenant", rien d'autre. Horner a depuis toujours grimpé en danseuse, c'est son style, il a été toujours comme ça... S'il se dopait VRAIMENT, il aurait mieux fait qu'un certain Pozzovivo ;)

Bullomaniak 09/09/2013 13:34

Le chrono de Pozzovivo ressemble plus à un exploit d'un jour qu'à un niveau du au dopage. Il est possible que Pozzovivo soit dopé mais son temps n'entre pas dans cette ligne. D'ailleurs on voit bien ses performances en montagne dans ses cotas habituels.

Horner par contre tient à un niveau très élevé depuis le début de cette Vuelta (voir ce week-end). Le chrono il l'a relativement planté, d'une part parce que c'ets un grimpeur pur, d'autre part parce que faire un chrono en danseusse fait perdre ENORMEMENT en aérodynamique et de fait sur un chrono à 45 de moyenne, ça fait perdre beaucoup de temps.

La performance d'Horner à 42 ans est simplement hallucinante, et ça ne se regardait pas tant que ça pour moi dans la première étape de montagne. Surtout il est sorti sans que personne ne puisse réagir et après Nibali sorti seul aux deux kilomètres n'a rien repris.