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Mise en bouche

Publié le par Bullomaniak

Vuelta 2013 - étapes 8 et 9

La montagne prévue enfin pour la dixième étape, deux occasions restaient aux puncheurs avant d'entamer les grandes offensives. La variété en Espagne consistant dans les différences entre ascensions finales, on eut droit à la longueur suivie des pourcentages. Le huitième jour s'achevait au terme d'une unique difficulté, longue de quatorze kilomètres, mais peu pourvue en pente. Le lendemain à l'inverse négligea la distance pour se concentrer uniquement sur la déclivité. On peut reconnaître aussi le bon goût de cette neuvième journée dans l'offre d'une descente technique et sélective, chose par trop rare sur la Vuelta.

Le premier jour éclaircit le paysage des prétendants au général. On attribua à Cancellara la tâche d'éparpiller les coureurs. Kreuziger sauta, Mollema également. Surtout on pu apprécier plus facilement les rapports de force. Anton partit le premier, prenant le large face à un peloton amorphe. Quelques banderilles suivirent, Barguil le premier, suivi par Horner. Deux kilomètres restait alors à effectuer lorsque König surgit, surprenant le peloton dont seul Thibaut Pinot sut réagir, malheureusement trop tard. Le Tchèque rapidement prit du champ, laissant les favoris se regarder entre eux.

Un homme néanmoins sut réagir violemment. Ivan Basso monte en puissance depuis le départ. A chaque arrivée il affichait déjà sa forme, prenant des places d'honneur dans des sprints en bosse, exercice dans lequel il est loin d'exceller. Cette huitième étape fut la place de sa démonstration, sa réponse à tous ses détracteurs, l'affront fait à tous ceux qui ne voyait en lui aucun potentiel pour le général. Brisant ses habitudes, il attaque brusquement, n'emmenant aucun favori dans son sillage, seulement des prétendants aux accessits : Roche visait le maillot de leader, Moreno une seconde victoire, Pinot la joie de l'attaque. Basso seul assuma le train, les autres bloqués surtout par leurs capacités, heureux déjà de suivre le fol italien. Basso retrouva plus encore que ses jambes une hargne longtemps enfouie. On vit ce visage d'habitude si placide déchiré par l'effort, par la rage de vaincre, de distancer ses principaux rivaux au général, de prendre l’ascendant psychologique à la veille de la première bataille.

A l'avant restaient néanmoins encore deux hommes. Anton malgré son attaque lointaine résistait encore farouchement. König surtout montrait des capacités égales à Basso, résistant à l'italien, résistant plus encore à Moreno lancé par le train des poursuivants, échouant à la seconde place. Devant, Anton ne put résister, König s'imposant avec autorité. Roche profita de l'occasion pour empocher quelques secondes, prenant le maillot de leader à un Nibali quelque peu limite, terminant tout de même proche de Valverde et Rodriguez, les deux s'étant encore une fois contenté de suivre et d'espérer.

Au neuvième jour, on retrouva les mêmes acteurs. Valverde et Rodriguez pourraient enfin profiter de l'ascension courte d'un petit kilomètre pour ne pas faire l'effort inutile et dangereux. On imagina leur duel pour l'étape. A la grande surprise - ou pas - ce fut l'homme omniprésent depuis le départ qui triompha. Moreno prit l'ascendant sur un Valverde dominé et un Rodriguez étonnamment impuissant. Moreno poussa sur les pédales dès le pied, prenant quelques mètres irrémédiables. Valverde jamais ne pu les boucher, perdant même quelques longueurs supplémentaires sur le haut de l'ascension. Rodriguez ne put jamais sortir de la roue de son compatriote, démontrant sa forme limitée, donnant ainsi de précieuses indications sur le déroulé des deux prochaines semaines. C'en est à se demander si le leadership ne devrait pas changer d'épaules, en faveur de Moreno, si ce n'est oublier les difficultés de celui-ci en montagne.

Moreno du reste prit le maillot de leader à Nicolas Roche. Les autres favoris pour la plupart restèrent à quelques encablures, accompagnés de quelques extra comme le champion du monde Philippe Gilbert. D'autres néanmoins furent piégés par le descente précédent l'arrivée. Les Movistar et les Katusha descendirent à fond, sous l'impulsion d'un superbe Paoloni. Un cassure se produisit. Uran, Pinot, König et Majka furent piégés, pas sur leurs capacités de descendeur mais sur leurs erreurs de placement. La perte se limita à la minute. Rien d'irrémédiable en premier semaine.

On eut donc droit à un éclaircissement dans l'optique de la victoire. Une bonne dizaine de coursiers restent en course pour le titre à Madrid. Certains comme Basso ou Pinot rassurent, d'autres confirment leur bonne préparation à l'image de König ou Moreno, d'autres encore restent plus énigmatiques sur leurs capacités à l'image d'Horner ou de König. Lundi achèvera les prises de position et la podium final se fera plus clair.

Mise en bouche

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