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Morne plaine

Publié le par Bullomaniak

Tour de France 2013 - étape 12

C'est la première étape dont je me désintéresse totalement sur ce Tour ; jusque-là un élément au moins parvenait à capter mon attention, soit que la course fut belle, soit qu'une réaction d'un coureur (ou d'un suiveur) me frappa. Ici, rien. Cette semaine compte trois étapes dévolues aux sprinteurs : voici la seconde, au scénario le plus indigent possible. Flecha, dernier échappé, repris à 5 km de la ligne. Seules quelques chutes, préalable symbolique du sprint, éveillèrent un peu l'attention. On attendit la flamme rouge pour rouvrir les yeux.

Dans le trio des meilleurs sprinteurs du monde, mon préféré est André Greipel. Trois raisons à cela. En premier lieu, je n'aime pas Marc Cavendish. Je lui reconnais parfaitement d'être le meilleur sprinteur de tous les temps. Mais son caractère, aujourd'hui assagi, m'insupportait au possible. Greipel était le deuxième meilleur sprinteur du monde. Il avait été négligé (en partie) dans l'équipe HTC-Highroad. Je reportait sur lui mon adhésion. Le report ne fut pas uniquement par défaut ; j'admire réellement le style de Greipel, tout en muscles et en puissance, dégageant une force impressionnante de ses cuisses immenses. Son corps entier semble voué à la vitesse d'un sprint. Cavendish en comparaison est beaucoup moins taillé, et par là aussi plus remarquable. Pour finir, Greipel emporte aussi mon attachement par son comportement sur les classiques flandriennes. Clairement il aime ces courses. Il les respecte. Il reconnaît leur importance et plus qu'y prenant du plaisir, il est fier d'y participer. Il sait qu'il ne peut pas les gagner, toujours beaucoup trop limite ; peu lui importe, ce qui compte c'est d'attaquer, de très loin, tenter de provoquer un coup du sort, un miracle d'un possible victoire. Evidemment, ça ne marche pas. Mais peu de sprinteurs sont aussi offensifs que Greipel sur les classiques. Je ne peut qu'aimer ce type de coureur.

Mais, coup du sort, Greipel bloqué par la chute n'a pas participé au sprint. Cavendish est en dessous de son niveau ; difficile alors de s'extasier sur son style ou sa domination. Reste alors Kittel, sprinteur certes très efficace mais qui m'indiffère totalement. Son style est puissant, mais peu esthétique, voire même assez laid. Le vélo n'est pas associé au coureur dans un mouvement uniforme et fluide ; au contraire Kittel se bat sans cesse contre sa machine, pas avec elle. Kittel manque singulièrement d'élégance sur son vélo pour que je puisse l'apprécier ; il n'est de plus jamais présent sur le devant de la course en dehors des sprint et lâche bien vite à la moindre bosse. Rien ne le rachète pour moi. J'ignore si aujourd'hui, acquérant sa troisième victoire d'étape, Kittel rejoint Greipel dans la hiérarchie des sprinteurs ; leur confrontation est pour le moment astreinte à un match nul. Greipel pour moi garde l'avantage, ayant perdu sur des pavés, dans des conditions peu habituelles. Cavendish reste le meilleur, n'étant pas ici à son niveau, fatigué par un Giro particulièrement éprouvant.

Morne plaine

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