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Mythique col de Manse

Publié le par Bullomaniak

Tour de France 2013 - étape 16

Le col de Manse devient un rendez-vous de plus en plus incontournable du Tour. Fréquemment, il est disposé sur le parcours en guise d'apéritif des Alpes. On s'imagine alors un petit col sans importance, permettant uniquement une bataille au sein des groupes d'échappés. Mais le col de Manse ne devient pas seulement un régulier du parcours ; il s'impose comme un des grands lieu de lutte des favoris.

Ce col fit une entrée fracassante dans la légende en 2003, mettant par une chute assassine un terme à la carrière de Joseba Beloki. Armstrong, géné, sera contraint à passer par le champ voisin. Beloki glissa sur du goudron fondu. Armstrong l'évite, dévie vers la gauche, se maintient en équilibre précaire au milieu des cultures, puis, descendant de sa machine, saute le fossé qui le sépare de la route, enfourche son vélo et rejoint le groupe un instant quitté. Le malheur est bien souvent cause de légende ; Beloki en a fait les frais. Par la suite, c'est en 2011 que ce col revient. On n'y voit alors que le promontoire à la victoire des échappées, n'imaginant pas d'attaque au sein des favoris. Et pourtant ! Contador, laissé en difficulté dans le début du Tour, attaque. Surprise générale ! Déjà des écarts se forment au sommet. La descente fait plus mal encore ; la pluie paralyse certains, encense d'autres. Evans, Contador reprennent du temps. Andy Schleck est à l'arrêt, complètement bloqué sur ces routes sinueuses et humides. Il perdra beaucoup de temps ; de là émergera son exploit du Galibier. Ainsi, le col de Manse, surplombant Gap, devenait un possible théâtre d'affrontements pour le classement général. Sa courte montée appelait des attaques, limitant les retours de bâton. Sa descente plus encore appelait l'offensive, permettant de créer des écarts, plus encore de faire perdre le Tour.

2013 n'a pas failli à la règle. Dès le pied, Katusha imprime un rythme enflammé. Bientôt, Richie Porte prend le relais. Dès les premières pentes les favoris sont seuls, isolés au pied d'un deuxième catégorie. Peu de grands cols peuvent se vanter d'une telle ardeur. Cette année fut comme il y a deux ans la place des attaques d'Alberto Contador, complétées aujourd'hui par Roman Kreuziger. Chacun leur tour, ils se relaieront en tête, cherchant à faire exploser Froome. Rien n'y fit. Peu importe. Contador remit ça dans la descente. Toujours dans cette position inconfortable, les mains aux cocottes de frein, le pistolero prit tous les risques. Jusqu'à la chute. Contador, Froome laissèrent partir le groupe des favoris. Chasse effrénée, virages malhabiles de Froome, décidément peu à l'aise dans les courbes, retour à la normale. Au final, rien. Cela importe peu face au spectacle régulier de ce col. Pur produit de la période moderne, où chaque seconde compte, le col de Manse s'impose parmi les grands, du moins s'impose comme un lieu habituel d'affrontement des cadors. D'offrande aux échappées également, devançant toujours le peloton sur ce col ; ce coup-ci, ce fut pour Rui Costa, éjecté de la lutte au top 10, cherchant une juste compensation à son talent.

Mythique col de Manse

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