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Nocturne pour sprinteurs

Publié le par Bullomaniak

Tour de France 2013 - étape 21

La dernière étape du Tour est devenue un critérium, sans incidence sur le classement général depuis 1989 et la défaite de Laurent Fignon pour huit secondes. Certains s'en plaignent, râlant devant le spectacle des coureurs s'acheminant tranquillement vers Paris, se permettant les frasques interdites sur les vingt premiers jours. Ici le maillot jaune sifflant une coupe de champagne, ici Purito faisant honneur à son surnom, tentant de fumer un cigare devant le reste du peloton. Jusqu'aux Champs, c'est la détente, le bon temps passé ensemble après ces trois semaines communes de souffrance. On discute, on prend des nouvelles, on découvre de nouveaux compagnons entre'aperçus au cours de l'épreuve. On profite. Il serait mal venu de refuser aux coureurs ce plaisir, suite à tous ceux qu'ils nous ont donné.

Arrivent alors les Champs. Les visages se referment. Le peloton s'active, accélère, met la machine en route. Chacun retourne à sa place, souvent au creux du peloton où l'on espère une dernière souffrance modérée. Les équipiers épuisés se résignent à rester en tête du groupe. Certains, les plus fous certainement, se décident soudain à attaquer. La course est lancée, le public parisien pourra profiter de sa propre kermesse cycliste, s'extasier devant un peloton à leur yeux insensible, et pourtant si grimaçant sur le montée pavée jusqu'à l'Arc de Triomphe. Des individualités émergent, cherchant simplement à profiter de la fête, se montrant au public plus qu'espérant la victoire. Celle-ci est dévolue aux sprinteurs : la tradition y désigne le meilleur du Tour. Chacun peut néanmoins se montrer, mis sur un pied d'égalité sur ce terrain nouveau, leaders comme habitués du groupetto. Tout est permis, on regrette juste le manque d'enthousiasme des leaders, n'assumant pas assez l'aspect particulier de cette dernière étape. Seuls quelques -uns, habitués des classiques, profitent de l'occasion pour une dernière parade. Le maillot jaune en revanche restera au chaud jusqu'à la fin, attendant la ligne droite finale où il pourra symboliquement lever les bras au ciel. Le public y trouvera toujours son compte. Le podium final, le défilé des équipes achèvent la fête.

Cette année encore un sprint acheva le Tour. Les offensives furent trop isolés, les équipes de sprinteur trop résolues. On aperçu cette année les leaders : Valverde seul attaqua mais Froome et Contador prirent d'importants relais en tête de peloton. On aurait aimé surtout un maillot jaune attaquant seul en tête, geste inutile mais beau. Le sprint eut donc lieu. Kittel encore s'imposa, s'affirmant pleinement comme le meilleur sprinteur de ce Tour. Cavendish, affaibli par le Giro, conserve sa suprématie. Greipel en revanche régresse à la troisième place. Surtout, nous pouvons nous réjouir. Jamais sans doute il n'y eut un tel trio de sprinteur sur le Tour, tous tellement supérieur au reste de la troupe. Cavendish n'est plus seul au monde ; la concurrence existe enfin.

Nocturne pour sprinteurs

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