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Parcours gâché

Publié le par Bullomaniak

Vuelta 2013 - étape 4

Le milieu de l'étape fut superbe. Un mirador fit exploser le peloton, les coureurs peinant dans les 30% proposés. Les kilomètres qui suivirent ne furent pas plus simples. La route refusa de redescendre. De vagues pentes relançaient les coureurs avant que ceux-ci ne soient stoppés dans leur élan par les innombrables remontées, les plus difficile, celles où l'organisme déjà relâché butte sur un mur d'efforts inattendus. Le peloton peina à y garder une certaine unité. L'arrière explosa, avant de revenir par grappes en détresse. L'avant fut tout aussi bordélique, chacun tentant de profiter de ce si favorable terrain pour prendre le large.

Quel regret que l'arrivée ne fut jugée au terme de ces remontées successives ! L'étape eût été superbe, les leaders trouvant un terrain pénible, incertain, trop difficile pour compter efficacement sur des équipiers, mais trop facile aussi pour partir en force, à la pédale. Le mirador écréma les équipiers, rejeta les sprinteurs. Ne restèrent que les hommes forts, pas nécessairement les uniques grimpeurs, l'attaque de Flecha en pleine pente démontrant cette accessibilité à l'ensemble du peloton. Le terrain était parfait pour tenter un grand coup, déstabiliser les favoris, profiter d'une supériorité numérique. Aucun leader ne tenta, bridé par les difficulté à venir, surtout bridé par l'éloignement trop imposant de la ligne d'arrivée.

A la place, on dut se contenter des baroudeurs, des hommes habitués à l'offensive. L'inusable Txurruka parti le premier, attendant patiemment le sommet du mirador pour profiter des toboggans qui suivirent, là où un peloton peine à s'organiser. A l'avant restait un homme, Nicolas Edet, surpuissant, ne perdant que quinze seconde dans le kilomètre et demi du mirador et qui dut volontairement attendre le basque pour que celui-ci revienne enfin. D'autres suivirent, à l'instar de Luis Léon Sanchez. Ce petit groupe évolua quelques temps à l'avant, repris néanmoins assez aisément, le peloton sorti des difficultés ayant pu retrouver ses forces. On se dirigea donc encore - avec pour cette fois de grands regrets tant un parcours propice avait été déniché - vers un sprint de côte. Sprint d'autant plus avéré que la bosse permettait peu l'offensive par sa pente trop faible.

Pourtant un homme sortit au 500 mètres. Moreno une fois de plus n'attendit pas le sprint. Au vu de sa fin d'ascension, on se dit qu'au sprint, le résultat eut été le même. Mais l'homme refusa l'incertitude et prit le champ, lançant ses forces d'assez loin. Le peloton hésita, ce fut trop tard. Surgit alors l'inattendu, pourtant si démesurément fort, Cancellara. Moreno se trouvait en terre connue. Cancellara brisa sa nature, repris de vieilles habitudes enfouies depuis le printemps de accéléra, toujours assis sur la selle, à la poursuite de l'assaillant. L'écart malheureusement était fait. L'effort fut vain, sinon permettant de décrocher une place d'honneur, bien indifférente à un tel champion. Le reste du peloton ne put que suivre le mouvement.

Dernier point à évoquer : l'organisation lamentable du chronomètre officiel. Deux étapes déjà que Barguil changeait d'identité et devait réclamer un échange de nom sur le classement officiel. Cette fois, Pinot et Majka disparurent. Fait plus grave, on inventa une cassure imaginaire. L'écart entre Moreno était imposant et pouvait sans choquer être annoncé au delà de la seconde. Le peloton en revanche parfaitement groupé semblait à l'abri. Et pourtant. Horner perdit son maillot de leader, celui-ci retournant à Nibali. Trois secondes furent annoncées. L'Espagne, patrie du fantastique, imagine bien des choses.

Parcours gâché

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