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Publié le par Bullomaniak

Tour de France 2013 - étape 19

Le tracé des Alpes fut axé sur cinq étapes. La première, à Gap, devait échouer aux baroudeurs, simple entremet vers la montagne, comprenant potentiellement quelques banderilles des favoris. Venait ensuite un contre-la-montre, affreusement difficile, mais tellement beau. Les coureurs ainsi émoussés s'attaquaient à l'Alpe d'Huez, double ascension permettant des offensives dès la première montée. Quatrième étape : celle des tacticiens. C'est celle dont nous parlons aujourd'hui, celle qui avait le potentiel des attaques lointaines, désespérées, propices à l'effondrement d'un leader. Il n'en fut rien ; la domination de Froome a laminé les espoirs de ses adversaires, qui, n'osant plus s'affronter directement à lui, préfèrent se déchirer dans la lutte au podium. L'étape de demain, ultime relief des Alpes, mettra en valeur une simple course de côte, déterminante néanmoins dans la lutte au podium.

Le coup eût pu être somptueux. Une quarantaine de coureurs s'échappèrent dans le col du Glandon. Le peloton à l'arrière lambinait, aidé par le faible rythme des Sky. L'écart monta ; bientôt on annonçait quatre minutes au sommet. Venait alors la Madeleine, sans doute le col le plus dur de ce Tour : vingt kilomètres d'une pente à 8%, refusant sadiquement le moindre replat. Le Tour aurait pu changer de visage ; les Movistar disposaient de trois hommes à l'avant. Notamment on recensait Rui Alberto Costa, vainqueur irrésistible de Gap, potentiel équipier de luxe. Quintana attaquant aurait retrouvé une supériorité numérique face aux Sky ; il aurait surtout pu tirer parti d'un possible affaissement de Froome sur cette dernière semaine. On attendit. Rien ne se passa. Le roi avait écrasé la course de son prestige ; plus personne n'oserait le contrarier jusqu'à Paris. La Movistar prouvait une fois encore sa minuscule ambition. Contador avait perdu confiance, préférant défendre sa place sur le podium. Rodriguez ne disposait pas du collectif adéquat. Ils sont aisément excusables. Quintana ne l'est assurément pas ; jamais encore nous ne l'avons vu prendre le moindre risque en course. S'il veut accéder à la légende, rejoindre Gaul ou Pantani parmi les idoles des montagnes, il devra y songer. Le panache demeure l'élément essentiel du champion.

On dut se contenter de la course à la victoire d'étape. Hesjedal le premier tenta, pris d'un coup de folie, relançant comme un dément dès le premier des cinq cols de l'étape. Deux cols firent illusion ; dès le pied du troisième, il s'écroula. Pierre Rolland prit le relais, cherchant à ressusciter les grandes chevauchées solitaires. Son malheur fut justement d'être seul, Hesjedal explosant suite à quelques relais. Le coup aurait pu marcher ; il échoua, trop de coureurs restant à l'arrière. La dernière côte fut décisive. Rui Costa réédita le coup de Gap ; il s'échappa dès les premiers kilomètres, les autres, impuissant, se relayant sans effet contre lui. La descente lui permit une nouvelle démonstration dans la prise des courbes, assurées d'un main de maître sur une chaussée humide. Le résultat ne souffrit d'aucune contestation. D'autres leader avaient bien pris le coche mais, harassés par la lutte au général, ils ne purent y faire grand chose. A ceux-là il leur reste un dernier effort, la courte mais ardue montée du Semnoz.

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