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Sprinteurs méprisés, puncheurs acclamés

Publié le par Bullomaniak

Vuelta 2013 - étapes 12 et 13

L'arrivée groupée est omniprésente sur cette Vuelta. La multiplication des arrivées en côte n'a n'en a en rien réduit le nombre. Au contraire, considérant le sprint en bosse comme l’apogée du sport cycliste, les organisateurs tracèrent leurs étapes en ce sens. Force est pourtant de constater le mépris absolu dévolu aux véritables sprinteurs. Soit le final s'avère trop difficile et exclut les acteurs habituels des arrivées massives, soit les derniers kilomètres s'avèrent si sinueux qu'une échappée a toutes les chances de déjouer les plans du peloton. Une seule arrivée massive a réellement eu lieu. C'est Matthews qui s'y imposa.

Les deux étapes d'aujourd'hui répètent une fois encore ce scénario. La douzième étape fut annoncée comme terrain privilégiée des sprinteurs. Gilbert triompha, devançant Boassen Hagen. Le Norvégien peut décemment être considéré comme un sprinteur. Le champion du monde certainement pas. Du reste Boassen hagen n'est en rien l'homme le plus rapide du peloton espagnol. Les cinq cents derniers mètres en pente faussèrent la donne. On peut certes se réjouir de la victoire de Philippe Gilbert, fanny depuis le début de la saison, pouvant profiter enfin de la quiétude commune aux gagnants. Il est néanmoins possible de regretter la présence d'un véritable sprint.

Jusqu'à présent, en comptant cette douzième étape, quatre étapes se sont achevées par un sprint. On pût monter à six tant les étapes 2 et 3 étaient propices à un tel scénario. La faiblesse des équipiers présents permit de l'éviter. Deux sont encore prévues, une possible. Six étapes s'achevant ainsi semble donc être un cota raisonnable. C'est oublier qu'aucune étape e s'est jouée au-delà des dix derniers kilomètres. La diffusion espagnole n'est assurée qu'à partir de seize heure. Cela cache un peu la pauvreté de la course. Certaines routes empruntées sont pourtant propices des offensives pleines de panache. Manque de chance, chacune de ces portions est trop éloignée de la ligne pour qu'un leader y tente quoi que ce soit.

La treizième étape illustre parfaitement ce constat. Comme l'étape s'achevant au bout du monde, la partie centrale du parcours présentait de forts pourcentages, suivis d'une descente compliquée, entrecoupée de petites portions montantes. Le peloton explosa sous l'impulsion de l'équipe de Joachim Rodriguez. Personne cependant ne prolongea l'offensive, bridés par les longues portions plates. Mais on évita un sprint. Une échappée avait pris le large. Seul l'ennui fut donc massif. Aucun suspens avant les dix derniers kilomètres. Les ultimes bornes virent les offensives destinées à la victoire.

Le plus habile fut Barguil, prouvant sa maîtrise tactique. Etant l'un des plus gros espoirs français, l'accueil réservé à sa victoire fut d'un superbe comique : après avoir décrié des années la tendance du cyclisme tricolore à ne triompher que par l'intermédiaire des échappée, on hurla à l'exploit, oubliant l'absence d'un peloton dans le final. Un Français vainqueur au sein d'une échappée devenait un champion inestimable et confirmait ainsi tous les espoirs placés dans sa personne. L'emballement des médias et de l'opinion publique est à crever de rire.

Barguil dispose d'un gros potentiel mais n'a jusqu'à présent réalisé aucune prouesse chez les pros. Bardet au même âge démontra des capacités immenses sur les routes de l'Amstel. Demare humiliait Philippe Gilbert à l'Eneco Tour. Pinot devançait Froome à la Toussuire. Barguil tourne pour l'instant un ton en dessous. Il est sur la voie d'un excellent coureur. Sa tendance à l'offensive l'entraîne dans le clan des champion. Reste à voir s'il peut acquérir une véritable victoire d'importance. Jamais sans doute sur les grands tour. Peut-être sur une course par étapes reconnue. Plus surement sa voie est à chercher du côté des classiques, où s'exprimeront au mieux ses capacités de puncheur. Surtout il doit penser à quitter Argos-Shiamano, équipe dédiée au sprint, dans laquelle il ne trouvera que rarement des équipiers adaptés à son terrain de prédilection.

Sprinteurs méprisés, puncheurs acclamés

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