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Surprises attendues

Publié le par Bullomaniak

Eneco Tour 2013 - étapes 1 et 2

L'approche de la fin de saison se fait sentir. Les équipiers peinent désormais à cadenasser la course. Phinney et Van Garderen avaient déjà frustré les prétentions des sprinteurs, l'un d'entre eux ayant même l'insolence de résister sept long kilomètres. Renshaw sur la première étape réédita le coup. L'approche de la ligne s'avéra complexe, sinueuse, comportant deux virages pavés après la flamme rouge. L'équipe Belkin sut en profiter.

Mark Renshaw fut longtemps l'âme damnée de Cavendish. Son rôle était simple : que rien n'entrave la domination du champion. Rien ne devait se mettre en travers de sa route. Qu'un insolent viennent jouer des coudes et tout de suite Renshaw l’expulsait. Parfois à coups de casque. Le fait étant que ce rôle de poisson-pilote lui donna de grandes capacités dans le dernier kilomètre. Cette puissance a pu enfin s'exprimer : Renshaw est un homme du dernier kilomètre, pas un homme des tous derniers mètres. Deux saisons déjà qu'il voulut s'échapper de la tutelle de son maître. Arrogance, inconscience ? Surtout l'impression de briser sa carrière, l'ambition de croire que l'on vaut plus que ce simple rôle de serviteur. Son bilan de victoire le rendit à la réalité : son rôle était d'accompagner, pas de gagner. Ou de gagner seulement dans des conditions semblables à celles d'aujourd'hui, par l'offrande de son leader Théo Boss qui incita son équipe à laisser la cassure, à étirer le peloton avant le dernier kilomètre, celui-ci incapable de se réorganiser derrière l'inattendu fuyard. L'équipe Belkin joua à plein sa carte surprise. Le reste du peloton fut éminemment surpris. Théo Boss cette année prouva sa grande valeur, matant par une fois - une fois seulement mais quel exploit ! - Kittel, Greipel et Cavendish. Un tel exploit l'inscrit dans la catégorie des grands. Il semblait dès lors naturel d'un travail en sa faveur. Renshaw fut pourtant l'atout gagnant.

La seconde journée connut un scénario tout autre : le parcours vallonné donna des idées aux coureurs. Deux monts à vingt kilomètres de la ligne favorisèrent l'attaque. Avec le recul, il est facile de constater qu'il ne s'y est finalement passé que de l'anecdotique, les coureurs offensifs étant irrémédiablement repris par le peloton. La course se joua finalement dans le dernier kilomètre offrant une pente moyenne de 6%. On pourrait tout à fait s'en plaindre mais un sprint n'est pas nécessairement un spectacle ennuyeux, bien au contraire. Le sprint reste le meilleur ami du suspens, la meilleur manière d'achever une course cycliste. Le cas de Paris-Roubaix cette année en fut la démonstration. Ce qui est importe est autre : que la course soit mouvementée et attrayante au regard. On regrettera si peu la non-victoire des assaillants, du moment que notre appétit de spectateur est rassasié. Au contraire le sprint fut beau, sacrant un Arnaud Demare impressionnant. Certains en furent surpris. D'autres avaient vu les 4 jours de Dunkerque. La démonstration y avait été tout autre, nouvelle, bien plus inattendue. Les trois premières étapes furent siennes. la quatrième devait sacrer le vainqueur final. Demare disposait bien de quelques secondes d'avances glanées au jeu des bonifications mais sa condition de sprinteur nous empêchait d'imaginer sa résistance dans les côtes. La réplique fut éclatante. Demare ne se contenta pas de suivre : face à un Florian Vachon en passe d'acquérir la victoire finale il prit ses responsabilités, se porta à l'avant du peloton, se dressa sur les pédales et seul combla l'écart. Le peloton explosa. Le général fut pour Demare. Dès lors sa victoire sur l'Eneco Tour pouvait être attendue. La concurrence était certes supérieure : Demare n'en tenu pas compte, débordant avec facilité un Philippe Gilbert à 150 m de la ligne. Incontestablement, après Romain Bardet dont j'ai parlé dans l'article précédent, la France tient un potentiel très grand champion, non seulement sur le plan physique, mais aussi sur le plan du panache.

Surprises attendues

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