Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Triplé

Publié le par Bullomaniak

Tour de France 2013 - étape 20

L'étape fut celle à laquelle on s'attendait. Rien ne se passa avant la dernière ascension. Dès le pied les Sky embrayèrent, aidés par les Movistar. Valverde écréma le peloton pour Quintana ; Rodriguez en profita pour attaquer, à la recherche de la victoire d'étape ou du podium. Seuls Froome et Quintana suivèrent, Contador étant encore une fois trop juste, se contentant de limiter la casse ; cette fois ce fut insuffisant. Quintana gagna l'étape, pris la deuxième place au général, le maillot blanc, le maillot de meilleur grimpeur. Rodriguez passa Contador et s'adjugea la troisième place pour Paris, amplement méritée par son travail dans l'ascension. Froome se contente de gérer, exultant sa joie de victoire la ligne franchie.

Qu'y a-t-il a dire sur le reste de cette étape ? Il reste le cas Jens Voigt, attaquant du jour. Il est le coureur qui, dans le peloton, représente le mieux le courage inhérent au coureur cycliste. Chacune de ses prestations dégage une incomparable envie de vaincre, une volonté farouche de repousser ses limites : le plus pur exemple jamais donné de la combativité du cycliste. Il est le plus vieux coureur du peloton ; sa hargne respire pourtant la première jeunesse, celle du besogneux, jamais repu, réticent aux accessits. La victoire seule importe ; elle mérite qu'on y insuffle toute sa volonté, toute son énergie. Cela fait de Voigt le meilleur équipier du peloton, celui qui ne rechigne jamais à la tâche, qui s'exécute jusqu'à la disparition de ses forces, qui s'il lui reste un souffle de vie reviendra achever son travail. Cela fait aussi de lui l'élément le plus incontrôlable du peloton. Il fait parti de ces coureurs auxquels on n'ose pas laisser trop de marge, dans la peur constante d'un exploit. Chaque portion de route représente avec lui un danger. Le moindre relâchement peut être fatal. Son abnégation a illuminé toute la première partie de cette étape, adressons lui notre respect et notre admiration.

Du côté des favoris, seul Rodriguez s'approcha d'une telle volonté, prenant les choses en main dès les premiers kilomètres d'ascension, roulant sans trêve jusqu'au sommet. Seul comptait alors le podium à Paris. Froome et Quintana suivirent, ce dernier trop heureux de ne pas devoir forcer plus que nécessaire. Froome prouva encore une fois son panache, attaquant par deux fois sans autre raison que la victoire d'étape, pas encore repu par celle du Ventoux. Quintana pour sa défense maîtrisa parfaitement la course ; ce fut froid et calculé. Le panache n'est pas encore venu, bien qu'inutile en ce lieu. Rodriguez pour moi apparaissait le plus fort ; son travail en tête le priva des forces nécessaires à la victoire d'étape. Sans doute étais-ce lui le meilleur en cette dernière semaine, au niveau au moins de Quintana dans la montagne, le dominant dans le contre-la-montre, surtout se montrant bien plus généreux que le colombien dans l'effort. Froome lui arrivait fatigué, soit qu'il manque de capacités de récupération, chose intéressante pour l'avenir, soit qu'il fut épuisé par les obligations dues au maillot jaune. Une chose au moins est réjouissante ; Quintana faisant coup triple (étape, deux maillots distinctifs) prouva encore une fois l'intérêt du nouveau système du maillot à pois. Le temps des baroudeur est terminé, au moins faut-il pouvoir affiché de vraies capacités de grimpeur, espérer ensuite une variation importante dans les vainqueurs au sommet. Les trois derniers vainqueurs, par leur prestige personnel, rehaussent ce maillot dans la légende.

Triplé

Commenter cet article