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Un partout, balle au centre

Publié le par Bullomaniak

Tour de France 2013 - étape 6

Ce fut l'exact opposé du sprint de la veille. Cavendish lançant de trop loin, trop isolé, entamé par une chute à l'approche de la ligne. Greipel emmené à la perfection, tellement puissant que, comme hier, le second de l'étape fut celui qui sut prendre la roue du vainqueur ; ici Sagan. Certains se sont plaint de la passivité des coureurs ; que peut-on vraiment leur reprocher ? De ne pas vouloir faire une échappée bidon au seul motif de montrer le maillot ? Qu'ils se réservent pour l'étape d'Albi, bien plus propice à l'attaque.

Ce genre d'étape laisse toujours une fausse impression de l'extérieur. On a l'impression qu'une cause commune s'instaure, destinée au repos des coureurs. On peut dire ça pour le début d'étape. Pas pour la fin. La nervosité d'un peloton, les vagues de coureurs, le rythme tout de même élevé sont suffisamment usants pour continuer le travail de sape du parcours. On n'a pas eu de bordures. Est-ce vraiment grave ? On sait très bien que Froome ou Contador n'y seront pas, et que cela défavorise au final les équipes de purs grimpeurs. On attendait un sprint, on a eu un sprint. Difficile d'être déçu. Surtout que ce fut un modèle du genre.

Greipel a gagné, rejoignant Kittel et Cavendish au compte des victoires. Cavendish avait terminé le travail de son équipe. Greipel également. Mais en mieux. Oméga-Pharma s'est beaucoup trop énervé durant l'étape, cherchant constamment à rester à l'avant du peloton. Ils le payent dans le final. Lotto elle n'est apparue que dans les deux derniers kilomètres. Le reste est une perfection technique. Adam Hansen a déposé ses coéquipiers sous la flamme rouge. Sieberg, Roelandts ont assumé la course jusqu'aux 400 mètres. Henderson a propulsé Greipel aux 200 mètres. Que voulez-vous y faire ? Le seul capable de contrer ce train est Marc Cavendish. Mais hier il était trop loin. Affaibli par une chute, seul dans le final, il dut lancer son sprint aux 300 mètres. Geste un peu désespéré qui bien évidemment a échoué.

On a donc pu se délecter de ce sprint magnifique, lancé par le plus beau train depuis la HTC-Highroad. Greipel a gagné, ce qui m'enchante. Il se rapproche aussi du maillot vert. Mais il sera difficile à aller chercher, à moins d'une défaillance de Sagan en deuxième semaine. Accrochant la roue de Greipel, celui-ci a réédité le coup de Boassen Hagen hier : deuxième. Il reste immense favori au maillot vert. Kittel montre un peu ses limites dans un vrai sprint, légèrement en dessous de Greipel. S'il veut gagner une autre étape, c'est lui qui devra lancer en tête, avec quelqu'un d'autre que Cavendish dans la roue.

Ce fut aussi la journée de la détresse pour certains. Bouhanni connut une longue galère, lâché dès le moindre faux-plat et se résolut à l'abandon. Van den Broeck a aussi abandonné et devrait enfin penser à autre chose qu'au tour, à se forger un palmarès (une seule victoire professionnelle). Brajkovic est tombé lourdement dans les derniers kilomètres et n'a pu repartir aujourd'hui. Cofidis, décidément poissarde, a connu la chute de son unique leader épargné, Navarro, semble-t-il sans trop de conséquences.

Aujourd'hui les baroudeurs devraient, je l'espère, s'exprimer enfin. Les principaux favoris eux sont toujours regroupés sous la minute. On a vu la nervosité de Sky et de Saxo, tenant à rester en tête de peloton. Pendant ce temps-là Thibaut Pinot, Rodriguez ou Valverde sont restés dans l'aspiration et n'ont pas connu de chute ou de cassure pour autant. Les deux favoris devraient se calmer et rétrograder derrière les équipes de sprinteur. Bonne nouvelle par contre, le maillot jaune a encore changé. Gerrans s'est relevé des dans le sprint final pour laisser Daryl Impey endosser le paletot de leader. Avec ce quatrième coureur à le porter, mon estimation de huit hommes en jaune tient toujours.

Un partout, balle au centre

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