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Publié le par Bullomaniak

Cross Vegas 2015 - coupe du monde #1

"Les freins à disque ça permet d'éviter les changements de vélo vu qu'on a pas de boue dans les étriers". Aie.

"Les Italiens sont rusés, c'est dans leur culture". Ouch.

"Jérémy Powers à ce niveau c'est comme si sur route il était avec Nibali et Contador".Quoi ?

"24 km/h, c'est hyper rapide pour un cyclocross". Je... Hein ?

"Katerina Nash, deuxième l'an dernier à Vegas". Ok, stop.

Relever les erreurs d'un commentateurs, c'est facile. Sur un direct il est improbable qu'il n'y ait pas une ou deux perles à se mettre sous la dent. Quand ce nombre commence à être élevé, ça commence à être gênant. C'est surtout gênant quand il était facile de les éviter en prenant un spécialiste du cyclocross au commentaire.

Que les choses soient claires : je n'ai rien contre Jérôme Pineau. Mais le choisir comme consultant pour la coupe du monde illustre parfaitement le problème : BeIN sport n'en a rien à cirer du cyclocross. On a étalé notre fric ET PUIS C'EST MARRE ! Le truc était disponible, et comme on veux récupérer le plus de conneries possibles avant de remonter nos prix d'abonnements, on s'est pas fait chier. Pour la diffusion, direct simple, c'est bon, et avec nos commentateurs lambda, peut importe comment ils s'en sortent. Le bidule dure une heure, annoncer les noms sur les dossards ça suffira au pecno de base qui de toute façon n'y connaît rien non plus.

Sauf que d'autres s'y connaissent. D'autres qui gueulent quand BeIN sport décide de bloquer la chaîne youtube de l'UCI. Seul compte le monopole. Peu importe le résultat. L'exemple le plus frappant est venu de Katerina Nash. Pendant 30 minutes, Barth et Pineau l'ont annoncé dans le groupe de tête, mais sans jamais évoquer son statut de favorite comme tous les spécialistes l'ont fait. On préfère lancer des banalités sur le fait qu'une vététiste sortie des mondiaux doit être en forme. Grande expertise. Et à la fin de la course : ah oui, tiens, elle est n°2 mondiale. Vive les fiches.

Un spécialiste connaît les coureurs, leurs circuits de prédilections, leur style de course. Il sait quels sont les enjeux, comment les crossmen se sont préparés, qui peut créer la surprise ou qui est attendu. Il enrichit son commentaire d'une expertise, il décrypte la course pour le spectateur qui, de visu, peut bien constater seul qui est en tête de la course. Si en prime le commentaire est mou, la médiocrité n'a plus d'excuse. Juridiquement, ça a un nom : abus de position dominante (article L.420-2 du Code du commerce). Et pour le développement du cyclocross en France, c'est tout sauf une bonne nouvelle.

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