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Beauté glaciale

Publié le par Bullomaniak

Arctic Race of Norway 2013

Les paysages devaient constituer l'attrait principal de la course. Le départ de Corse sur le tour de France a usé du même argument ; seulement la course y trouvait aussi intérêt. Le paysage n'est pas tout. Les organisateurs doivent aussi penser au déroulé de la course, tenter de proposer des parcours intéressants aux coureurs. L'Arctic Race nouvellement créée échoua pitoyablement à créer des dynamiques de course. Quatre étapes pour quatre sprints. Le décor ne peut remédier à l'ennui du scénario. L'absence cruelle de grands acteurs aggrave encore le déficit de départ.

Le paysage fut-il beau ? Sans doute, pour ceux qui le virent. La course profondément morne m'incita à regarder les seules arrivées. Difficile dès lors de se faire un avis. Néanmoins posons une critique : les routes furent trop larges pour être belles. La caméra reste naturellement le plus souvent sur les coureurs cyclistes. Le décor se réduit à l'entourage immédiat du peloton. Que celui-ci fut pauvre ! Les belles images se trouvaient d'hélicoptère : quel est l'intérêt de la course dans ce cas ? Ne devient-il pas plus évident de rechercher un documentaire sur les Fjords ? La Corse dégageait son atmosphère du passage des coureurs, de cet immense peloton serpentant entre les falaises rougeoyantes. L'Arctic race of Norway se contenta de routes usuelles, larges et commodes aux voitures, faisant émerger la beauté uniquement par les impressionnants ponts norvégiens surplombant les Fjords. En cette semaine les paysages me parlèrent beaucoup plus au tour de Burgos, le peloton empruntant de petites routes étroites, évoluant au milieu de montagnes et de champs désertiques où seuls quels arbres venaient briser la poussiéreuse continuité de ces grands espaces. La Norvège fut ennuyeuse par sa course, elle ne se rattrapa pas à mes yeux par son environnement. Chaque coin du monde recèle sa propre beauté. Faire l'apologie d'une course uniquement sur ce point relève d'une discrimination absolue.

Un seul point peut sauver cette course : l’engouement populaire suscité. La ferveur du public démontre un besoin, une adhésion à l'idée même d'une course en ce lieu. Ne reste plus pour les années suivantes qu'à créer en conséquence un parcours digne d'intérêt. Pour cette année, ce fut catastrophique. Kristoff, malade, ne put prendre le départ. Chance pour le suspens : Kristoff aurait gagné les quatre étapes. En son absence, Van Hummel et Hushovd se partagèrent la mise. Le général se fit aux bonifications en faveur du second. Une seule étape eût quelque intérêt. La dernière journée se fit en centre-ville, usant de la déclivité urbaine dans l'optique de faits de course. Seule cette étape fut un peu débridée, s'achevant néanmoins toujours au sprint. Le problème est évident : pour avoir des attaques, il faut s'éloigner des routes de la région. Énorme paradoxe qui montre l'inintérêt total de la course nouvellement créée. Si un critérium demeure le seul souvenir de ces quatre jours, organisez plutôt un championnat du monde !

Beauté glaciale

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